conseiller personnel de dirigeants, depuis 2000 : management strategique & communication
Le propos du blog :
libre et direct, si possible en mode oral, tres souvent sur la vie et ce qui la rend delicieusement saillante, souvent aussi sur les modeles et outils d'efficience (interessants, concrets)
A signaler :
beaucoup de themas sur la performance personnelle et collective, beaucoup de liens
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Pour quoi faire, hein ? Pourquoi promouvoir quelqu'un ? (Je vous pose la question.)
Regardons.
Le contexte ? Une croissanterie, à Toulouse. Et deux collègues d'une entreprise de services, qui commandent un café. Ils discutent :
- C'est vrai, quoi. Tu me dis leader, machin, etc. Mais moi, je me sens pas leader, tu vois ? Je suis pas leader. Non, ça, c'est pas pour moi, je te dis.
- Mais si !
- Mais non, je te dis !
Eeeeh oui. Diriger, c'est un levier de motivation en soi. C'est spécial. Certains leaders en tirent la substance, le suc motivationnel, la valorisation. (En même temps que les responsabilités, l'exposition, le risque - ça va avec.)
D'autres restent froids : pour eux, maîtriser l'univers connu comporte un plus grand sens. Partir à l'aventure ? Un tue-l'amour. Qui plus est dans une entreprise qui hésite à féliciter ses managers (souvent, ignore comment les sécuriser, les conforter, les renforcer positivement, façon Manager-Minute). Tout ça... fait peur.
Trop d'incertitudes. Manque de soutiens, manque de clarté cognitive. C'est un cauchemar, c'est fear factor.
Chef, moi ? Non merci. Expert à la rigueur. Valorisé par les collègues, capable de travailler hors du champ du boss, très bien. M'avancer ? semblait dire l'employé. Que nenni.
La faute à l'expectation : l'employé hésite sur les gratifications personnelles à tirer de tout ça [1].
Il connaît, en outre, les féroces remontées de bretelles [2] : son boss à lui les redoute. Et stresse [3] toutes ses équipes avec ça.
Be seeing you.
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[1] Relire Alain Fernandez, change manager convaincu (à raison) que ce qui rive ou bien motive un homme, c'est ce qu'il entrevoit des avancées (ou du recul) de sa carrière, de son salaire. J'ajoute à ça la catégorie sérénité (confort socio-émotionnel, pour les intimes). Cf. théma Paix ou Territoires.
[3] Cf. analyse du psychothérapeute et coach Marc Traverson.
[ Motivation - Un peu plus loin avec Victor Vroom et Frederick Herzberg | démotiver | ce qui ressort du terrain, c'est que les entreprises françaises pensent motiver (mettre en mouvement) quasi exclusivement par la promotion et/ou le salaire - dans les faits, ça dépend juste des gens | intéressant Robert Wesley B (merci Marc) | monter en hiérarchie, pour certains profils, c'est anxiogène | témoin avisé, le P'tit D, à la motivation ce que le gaz sarin serait à la diplomatie ] Read More
Si nous avions su... Si nous avions su - insouciants et légers - que la semaine passée, un ami mourrait, si vigoureux, si jeune, si plein de projets.
Et voilà que sa famille prend l'avion ce matin (7 h), pour aller voir le corps, recueillir (et donner) du soutien, connaître plus encore les causes de sa mort.
Mon coeur est avec eux, en ce moment même, dans cet avion qui fait le lien. Habituellement, l'avion rapproche les gens qui s'aiment. Là il va permettre de constater.
De constater que le corps de J. est brisé.
Comme nos coeurs...
Les mots me manquent.
Me viennent ceux de sa famille. Ceux du père, qui se dit brisé mais pas détruit. Il trouve même la force de dire des choses gorgées de vie, au bord du gouffre. Ceux de la mère, qui dit que nos proches sont à empoigner les mains ouvertes (ils ne nous appartiennent pas). Ceux d'une de ses soeurs (dédicace écrite) ou des amis (il y a un temps pour tout), qui pleurent, s'interrogent et constatent. Me revient aussi le violon de Zaza, présent à l'office.
Musique poignante...
J. était un météore, de ceux qui brûlent, qui s'engagent et vivent fort. De ceux qui questionnent, soutiennent et sont au monde. Avec un rapport direct et un éclat.
Que faire ?
Prier, panser les plaies. Et vivre. Forcément ébranlés. Forcément dans ce monde.
Vivre.
Et se souvenir.
Et marcher.
Si possible dans la confiance.
Un homme, nous dit le père de J., porte du fruit s'il meurt. Il y a là un accomplissement définitif : une réalisation.
Une vocation définitive (spirituelle).
C'est cet aspect définitif qui rend le temps si long. Peupler ce temps par de l'amour, voilà ce qui reste à faire. Et à vivre.
Car c'est peut-être ça, la vie. L'amour d'un couple, qui engendre. L'amour des liens, ensuite. L'amour qui persévère et repousse la mort. Et enfin, l'amour qui donne un sens. Qui rencontre la mort et se mêle alors à l'essentiel.
L'éternité, le rapport vrai.
Dieu, que c'est dur.
Mais je veux quand même, moi aussi au bord du gouffre, me joindre à la vie de cette famille que j'aime.
Et reparler d'espoir. L'espoir brille aujourd'hui. Dans le noir pour nous. Dans la pleine lumière pour J.
Je sais (par la foi) que ce beau fruit en donnera des milliers. Il nous le tarde à tous...
__
[ Me reviennent les (très belles) paroles du père de J., sur JFK. Un président qui voit le mur de Berlin tomber. Il faut alors attendre quatre décennies, quelle qu'ait été la mort de Kennedy, pour en voir le fruit : mur qui tombe en vrai. Puis (autre propos) un industriel et homme de foi, dans le passé, qui perd son fils unique. Puis ses quatre filles, dans un naufrage. Il compose un cantique où il a l'audace (la foi) de dire que son âme est sereine (is well). Oui. Voir à travers, compter sur le coup d'après, la réalisation des choses. Où tout s'accomplit, donne un sens a posteriori. En attendant, il faut vivre. Et bien. Par respect pour les autres. Et pour soi. Et pour la Source de vie. C'est dur... Nous le ferons. Mais c'est dur. Ce lundi a un goût de déracinement. Là, tout à l'heure, j'ai re-parcouru André Frossard, qui a lui aussi conduit sa progéniture au cimetière, douleur parmi les douleurs. ]
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Charles
Un pasteur. (Oui.) C'est quoi au juste ? Le mot veut dire berger [*], au sens de conducteur, de responsable, qui stimule, forme (fait grandir), rassure et soigne ses brebis. Le pasteur ? Un fruit du protestantisme, courant qui prône un retour individuel aux racines de la foi (Évangile : « bonne nouvelle » en grec). Le prostestantisme propose de prier Dieu et seulement Dieu (jamais un humain, fût-il saint c'est-à-dire exemplaire). Le protestantisme se passe de clergé et l'interprétation de la Bible est forcément individuelle (donc profonde) et libre (autonome). Seuls des gens versés dans les Écritures (ensemble inspiré, direct et complexe) peuvent, et souvent à l'issue d'études dédiées, dispenser des enseignements.
La Bible se lit, se médite et sert d'édification spirituelle et morale pour le croyant (réflexions, prière, discernement, consolation, encouragements, décisions).
Elle fait autorité.
Le pasteur, alors ? Un homme ou une femme. Versé(e), on l'a vu, dans les Écritures. Et expérimenté(e), connu(e) pour sa sagesse, souvent parent, donc marié(e), parfois titulaire d'un autre job. C'est l'assemblée des croyants (assemblée : ekklesia, église) qui élit le pasteur.
Pour son dévouement, son empathie, sa finesse spirituelle.
Il se déplace avec son conjoint pour réconforter, enseigner, visiter les croyants dans l'épreuve. Ou juste manger et partager un verre.
Charles est un bon pasteur et c'est le mien. Son implication, sa chaleur, son expérience, sa foi, son audace, font de lui un ami cher. Un conseiller spirituel charnel, honnête, inspiré, profond.
Que dire ?
C'est un travail qui se compte en années que de comprendre que Dieu n'a pas d'exigences pour le croyant. Finie la culpabilité, finis les rituels, finis superstition, religion, délire et infantilisme.
Les exigences ? Ce sont les humains qui (se) les imposent, pour coller au schéma parental, pour se défausser, pour juger, pour se rassurer. Ce que Dieu propose, ce sont des percées de bonheur, des voies d'évolution. D'accomplissement.
Un cheminement gratuit, au jour le jour. Dans la confiance mutuelle (contrat de cheminement, foi).
La grâce ? Un soulagement. Un privilège...
C'est ce que je comprends. Notamment quand je discute et partage des choses (très personnelles) avec Charles.
Comme cet après-midi.
(Voilà.)
Prenez soin de vous :)
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[*] Eh oui. Si les États-Unis génèrent un modèle tel que le Manager-minute, c'est parce qu'il y a dans cette première économie mondiale une culture pastorale populaire, volontariste (I have a deam ; Yes we can ; A Maverick, le « franc-tireur », repompe intégrale du discours des églises). Le rapport au travail et aux travailleurs (le management) est un humanisme, un optimisme responsable, optimiste. Et pédagogue ! (Encourager, fournir des strokes, donner envie d'apprendre et de se dépasser.) C'est un des acquis du protestantisme économique, produit de la vie courante (travail, famille, implication et animation d'une communauté, d'un tissu social). Les églises, pleines le dimanche, sont des usines à management, des matrices et des filières à motivation : le pasteur en chaire est un mobilisateur. Personnage qui parle à la tête et aux tripes. C'est culturel, donc digéré dans la vie de tous les jours (habitudes, mentalité). Le pastorat ? Une fabrique en temps réel (une usine à ciel ouvert) de l'essentiel du management de ces trente dernières années. Une envie de plus et de mieux. Une ambition concrète, qui parle et engage le quotidien. Cf. Le Tremendous ou encore Kenneth Blanchard. Le management est une approche normale, populaire, naturelle, de tous les jours.
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Paname-A
Trois choses.
Il y a l'histoire des soldes, en premier. Vous savez ? Regardons les vêtements. Une étiquette indique à la fois le prix passé (rayé) et le prix actuel. De sorte que le prospect, en consultant ça, se figure tout de suite le gain. C'est le plus pour lui. La campagne commerciale devient claire et parlante : Je fais une économie de tant.
Un trait mental consiste à faire la même chose dans les services. Prenons un prestataire. Il facture des choses et génère un gain pour la boîte. Il suffit simplement, comme dans les soldes, qu'il décrive un passé (avec ses problèmes, avec les blocages qu'il produisait), qu'il indique dans la même proposition le mieux qu'il envisage. Un seul et même support pour ça. Un gain se fait alors jour, fondé sur la différence entre une réalité et son amélioration prévisible. Reste juste à indiquer les moyens d'y arriver, par exemple en entretien. ce sont les pistes. Viennent logiquement les questions, les préoccupations, les envies du client. À charge pour le bonhomme de montrer les voies réalistes : trajectoires mesurables.
C'est logique.
Je veux juste dire que le modèle des soldes et du gain (cf. étiquette) est simple et efficient (naturel). Je le conseille aux prestataires que je connais : hardi, guys, gardez la foi.
Le deuxième point, c'est ce clochard de la place de Clichy. Regardez-le et quelque chose (un détail) vous fend doublement le coeur. Il est assis dans le métro, sur les marches. Immobile. Atterré. Ce qu'il perçoit, ce sont les milliers de trajets bruissants, qui lui passent à côté, dessus, partout, sans jamais le rencontrer (sans le toucher). Regardez sa bibine de vin : biberon rougeâtre. Un vrai biberon, en plastique, de gamin. (Comme ma progéniture.) Cet homme tète et se rassure. Son lait maternel, c'est du vin-poison. Alors il se le colle aux lèvres et subit le monde avec. Il se donne un contact à lui-même. Il affronte la vie comme ça.
(Dieu...)
Ouais.
Troisième point ? Marc Traverson. L'auteur, coach et psychanalyste [*], spécialiste des relations dans l'entreprise, me reçoit dans le Ier arrondissement. Des échanges riches et intéressants. J'aime quand les visages du Net s'incarnent et s'animent.
Un des privilèges de Paris : recéler des talents au bout d'un ou deux métros.
La visite aux chouettes profils prend des contours de pèlerinage amical.
Sûr.
Allez, 'nuf said : parlez-nous donc de vous.
Au plaisir !
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[*] Merci, Marc, pour les livres ;)
[ Tiens, que pensez-vous du nouvel habillage du blog ? ]
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(Pa)Nam(e) au fromage
Voyons voir. Hier, soirée à L'Entrepôt. Troupe d'improvisation : Les Carafes [1]. Leur plage ? Les troisièmes dimanches du mois. Sur place (local à la fois théâtre, bar, ciné, resto), chapardage du joli flyer de l'intriguant Surnatural Orchestra :
Fig. 1 - Surnatural Orchestra
What else? Visite, il y a 3 jours de l'agence de relations-presse NDRP conseil, à Neuilly.
Pro.
Ah, aussi, je mets aujourd'hui, et jusqu'à mercredi, mon baluchon chez B-Graphik :
Inspirateur. (Forcément.) Au point, comme me le recommande mon amie toulousaine Martine, que j'ai extirpé mon carnet de croquis pour saisir du cracrabouilla [2] d'impressions sur le vif :
Fig. 3 - Leda Vs Jupiter
Et puis visite à la belle galerie de quartier Empty Brains, où certaines oeuvres me rappellent Thierry Carrier, dont j'ai un tableau.
Je termine en vous parlant d'Olivier Piazza (rendez-vous place de Clichy, brasserie Wepler). Intelligent [3]. Comme dans son blog. Le consultant parisien travaille sur le changement : il touche des axes comme la diversité ou le handicap en entreprise. Par ailleurs, son intérêt pour les modèles ouverts et les personnages porteurs (cf. Obama, leader inspiré), de même que son travail comme professeur à HEC, font de lui un intervenant tant concret que cultivé. Témoin - notamment -, son intérêt appuyé pour Jodo ou la Spirale dynamique de Clare Graves.
Bonne semaine !
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[1] L'excellent Manu, motion capturer dans le civil, puis Séverine - tiens, candidate en décembre dernier à Un Dîner presque parfait -, Kevin (leur prof de théâtre), une autre fille (mmh, Cathy ?) et un monsieur drôle et barbu, animateur à RTL2.
[2] Dixit ma descendance. L'est belle, la France !
[3] Olivier, le bouquin sur les haikus est Fourmis sans ombre. L'autre bouquin ? 80 Hommes pour sauver le monde. Quelques corrélats de tes approches ici, sur Torbert, Philips, Huntley, Loevinger. Et puis, encore et surtout, Flemming Funch. Ainsi que le décapant (!) Max Sandor.
[ Mmh, consultation du Comment avoir des idées créatives d'Edward de Bono : « Tout le monde [dans les entreprises, ndlr] devrait chercher à être créatif. [...] L'information est désormais un bien à la portée de tous. [...] La concurrence doit donc se faire sur la base de la création de valeur. » Création bien ficelée, s'entend. Et pourtant ! « Un homme marche dans la rue, commente de Bono. Soudain, un groupe de personnes s'approche de lui. On l'encercle, on s'empare de lui et on le ficelle. On lui tend ensuite un violon. Bien sûr, cet homme ficelé ne peut pas en jouer. Qu'allons-nous en conclure ? Que si l'homme était libéré de ses liens, il pourrait jouer du violon ? [...] Ce n'est pas parce qu'on tranchera la ficelle que l'homme deviendra violoniste. [...] Malheureusement [...] nous nous imaginons qu'en levant les inhibitions, on permet aux gens d'être créatifs ! [...] - Les - techniques [telles que le brainstorming] ne sont pas sans intérêt, mais elles reposent sur une approche très mauvaise », conclut l'expert international en pensée créatrice (cf. lateral thinking), notamment capable de guider les salariés d'une aciérie vers la génération de 21 000 idées en une après-midie ! | grosses performances aussi, nous dit de Bono, avec des enfants pourtant atteints de trisomie - classe (!) | tiens, là où je suis, on m'indique qu'il y a le grand illustrateur Bilal Bassal qui travaille à l'agence BrainSonic magic studio ]
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«C’est une erreur de ne pas croire et une faute de tout croire.»
Fernando de Rojas (extrait de La Célestine)
La Forge, atelier d'artistes. Le quartier ? Belleville. Une fresque (une grande), là, sur le mur. Truc au pochoir, à la bombe, à la tripe. (Ça pète.) Il fait nuit, de la boue, fait froid (un peu). Et puis (après dîner au Kotto), soirée chez Marie, près de La Forge, avec les comédiens de l'école Erac. Ces étudiants jouent La Célestine de l'Espagnol Fernando de Rojas (fin XVe), théâtre de l'Aquarium, jusqu'au 1er février.
Fig. 1 - Texte annoté de la comédienne
Pauline Méreuze
Quoi d'autre ? Discussion professionnelle. Prise de participation dans le capital d'une entreprise. Plus quelques autres éléments salariaux.
Et rencontre (lors du déjeuner, plus tôt dans la journée) de la soeur et du beau-frère de mon collègue. Le beau-frère travaille dans l'architecture (spontanément nous parlons motivation - grand classique). La frangine ? Dans une ZEP. Institutrice. Gentille, calme et solide. Propos saisissants. Et félicitations : c'est par les enseignants investis que passe la République.
Sûr.
Dodo, après (fait nuit, dernier métro). Impertinent, simple et raffiné Fourmis sans ombre de Maurice Coyaud.
Et rêve (si !). Vous savez ? Il y a ces forces Animus et Anima. Je me sens rencontrer une âme féminine, aimante et éternelle. Touchante. Je lui parle, lui disant que mes rêves nocturnes la retrouvent - depuis des années - dans des femmes que j'ai connues, qui m'ont construit. Je pleure et la prends dans mes bras.
Fig. 2 - Dante,
ici guidé par la dame de son âme
Réveil, là, il y a quelques heures. Et souvenirs de la Béatrice de Dante. Ou des dames de la poésie courtoise, ces âmes qui parlent. Et vous guident. Et vous construisent. Et sont là, depuis toujours.
Pff.
Bon dimanche.
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[ La Forge | le blog de Belleville, plus photos de la fresque (voir aussi tofz4u ou le blog de Thiasmine) | tiens, blog collectif sur le métro | Erac, le blog | amour courtois, le fin' amor des Occitans, teinté de mystique cathare (racines orientales) ]
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Falafels, falsafa
Pantin. Vous connaissez ? Nord-est de Paris, commune ouvrière, commune bobo. J'y dors, j'y reste quelques jours. Contexte : un loft refait, petit, cossu (lot d'un grand ensemble). Du goût dans tout ça. L'on m'y dit plein de choses. Une baignoire a fui, dans le passé. Un premier artisan a composé, pour ça, un devis de 2 000 € : nécessité de faire venir un moteur pour pomper, intervention et Ah, je suis en ligne avec mon patron... qui vous rassure : il vous fait une fleur (!) et vous accorde un paiement 3 fois sans frais. Surréaliste. Un second intervenant a, lui, indiqué que les frais grosso modo s'élèveraient à... 1 euro, prix d'un simple joint.
Fou.
Je dors avec deux chats. Mignons. Et partageurs de poils : ma tenue noire en témoigne.
Bonne nuit de sommeil. Puis un ou deux métros. Je suis à Belleville, quartier sino-maghrébin. Ch'uis dans un taxiphone-Internet. Voyons voir : boucheries halal, magasins de cuit-vapeurs chinois, vêtements bon marché. Beaucoup de vie à l'entour : circulation de gens, conversations sur mobiles, commerces de tout. Plus prostituées chinoises quadragénaires, maquillées (façon enfarinade visagière et rehaussement du trait des yeux, des lèvres, des pommettes rosies), avec mini-sac à main, parfois un sac en plastique avec légumes qui dépassent (courses locales).
Et puis un grand resto, Le Président. J'y déjeune (mmh, dans 30 minutes) avec mon collègue hongrois. (Ah non, ce sera un resto thaï.) Puis nous entrons en discussion, à 14 h, avec nos partenaires. Ou futurs.
À voir. Parce qu'une entreprise est un ensemble humain, commercial, financier - il faut bien tout discerner.
Dernier truc : la motivation. Une entreprise internationale - implantée dans la région - anime ses cadres. Il y a, en gros, les exécutants et les vrais chefs de projet. Les premiers sont jeunes et (relativement) motivés. Les seconds dirigent, délèguent, attendent. Les premiers font beaucoup de choses. Les seconds semblent rêver de la retraite. Il y a un clash. Tous les indicateurs motivationnels sont au rouge. Et la direction locale, apparemment dépassée, achète du conseil relationnel, sous forme de séminaires légers, fondés seulement sur du volontarisme (orientation exclusivement incentives). Une résistance est là, qui bouche - on dirait - le regard. Pourtant, quelques actions dans le coeur de l'entreprise feraient le plus grand bien : entretiens, relevé des leviers motivationnels, étude de la valence, sociogrammes, modélisation d'actions managériales à l'année (feuille d'objectifs, tableaux de bord décisionnels, félicitations-minute pour re-booster le moral).
Mais l'entreprise, comme tout un chacun, dispose d'un libre-arbitre. Et intervenir à ce stade de démotivation prend du temps, demande de gagner les confiances et consomme - à l'arrivée - une forte énergie humaine.
Du taf.
Je change un peu et vous indique un magnifique ouvrage (anglophone) de Peter Watson : Ideas, A History, From fire to Freud. C'est ce libre-arbitre qui m'interpelle. L'on trouve dans cette somme magnifique (et accessible) un joli focus sur la pensée musulmane. La justice de Dieu, versant musulman (Antiquité tardive), s'exerce si et seulement si l'humain est libre. Totalement libre.
S'exerce ensuite - et le christianisme développe superbement ça - la Grâce. L'amour.
Be seeing you. __
[ Hier, dans l'idTGV (ouvert aux seules résas Internet), je me suis assoupi, songeant aux complexes culturels et architecturaux du monde musulman, du type social et intégratif (madrasa-mosquée-hammam, pour les ablutions) ; je devrais plutôt dire que ce sont les madrasas qui me sont venues, par invitation prégnante, à la faveur d'un demi-rêve ; un truc qui résonne et se travaille dessus - Ce motif, mêlé de ma fraîche lecture sur le libre-arbitre, plus une ou deux figures qui maintenant m'échappent, m'ont procuré un repos, un rafraîchissement cérébral, une synthèse psychique comparable à ce que les archétypes d'édifices, de centrations sur le Soi procurent en psychologie des profondeurs (cf. Carl Gustav Jung et sa tour de Bollingen ou Georges Romey, sur l'axe initiatique) | philosophes arabes | la falsafa, c'est le dialogue et la combinaison des philosophies grecque et musulmane - à l'instar des grandes synthèses de Maïmonide chez les juifs et de la scolastique catholique, mâtinées de philosophie classique | falsafa et monde contemporain, la belle contribution de Mustapha Cherif | intellect et sensibilité spirituelle, l'ultime synergie entre nos pôles cérébraux ? ]
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J'aide les opérateurs (individuels ou collectifs) à :
- gagner en force et en clarté sur le marché,
- passer leurs caps de croissance à 2, 6, 12 ou 18 mois,
- mobiliser le plein potentiel de chacun (motivation) au quotidien,
- développer du temps libre (individuel ou collectif) pour ce qu'ils jugent intéressant.
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Un tour actualisé de mes activités. Voilà ce que je vous propose, à l'orée de 9 ans de conseil aux entreprises (35 organismes). Après quoi, je vous invite à en dire le plus possible sur vous, par commentaire. Ainsi pouvons-nous, les uns et les autres, indiquer de quelles tendances personnelles nous allons pétrir l'année qui est là.
D'accord ?
C'est parti.
Depuis l'année 2000, je fais du conseil en :
| stratégie d'entreprise,
| cohésion d'équipes,
| efficacité du travail (scoring de tâches, gestion du changement, sociogrammes, leviers de motivation).
Depuis 2008 ? Orientation plus technique : je livre un système d'informations (SI commercial, SI qualité) dans le domaine de la santé et travaille - également - sur un projet technologique européen.
Questions projets, je mets en place des conférences d'un nouveau genre (interactives), qui ciblent les dirigeants dans plusieurs pays. Et étudie de près le marché (intéressant) du BTP d'entreprises.
Je dirige, pour finir, le réseau économique Absara et blogue sur Absara.com (9 000 à 45 000 connexions mensuelles).
Mes bases ? Formation Sup de co. Prolongée (depuis 10 grosses années) d'apports solides en :
| communication interpersonnelle,
| management de projet.
Passions : sciences humaines d'une part, application - d'autre part - du sens pratique. J'aime la transversalité en matière de technique et de situations humaines. Approches qui travaillent si bien ensemble !
L'idée : faire au mieux, avancer, comprendre et travailler. Pour le bien de tous.
À vous. Qui êtes-vous ? et que faites-vous ?
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[ Comment je travaille : mode facturation ou contrats salariés de mission (prévoir des lettres de mission), contrats par exemple augmentés de primes pour résultats (cas par cas) | stratégie d'entreprise, voir théma dédiée | ressources du blog en team building | scoring par ici | apports du blog en sociogrammes (théma Cartographie), gestion du changement (théma Dynamique de groupe), leviers de motivation ]
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Bouygues fait des maisons, c'est sûr. Et puis des forfaits téléphoniques (entre autres). Alors, mon appareil HTC Touch Diamond, doté d'une autonomie de cèpe - ou de feuille de platane musqué -, je commençais à le prendre en grippe. Limite, en fièvre typhoïde. Et pire, à désespérer. Désespérer de l'autonomie (c'est dit), désespérer non pas du forfait Neo 2, fort correct, mais de l'accès à Gmail, ma messagerie préférée, capable entre autres de me déployer du Gdoc à la volée. Accès interdit. Ou bridé. Ou névrotique, ch'ais pas. En tout cas bouché. (La tuile.)
Mouais.
Là, Goojet, avec ses widgets et son accès à Gmail et aux Gdocs attachés, en clair la techno de cette startup toulousaine m'avait été d'un grand secours. Gmail possible, quoiqu'affiché en très (trop) petit, pour mon HTC - sûrement non-répertorié dans les terminaux Goojet.
Yep.
Que dire ? Nous sommes le 7 janvier 2009 et ce matin, une icône du bureau de mon appareil surbrille en vert : vert, la couleur du Vous avez un/de nouveau(x) message(s). Dingue : je regarde. Tiens, ma configuration du compte Gmail, faite en octobre dernier, semble - depuis ce matin - active : Bouygues se résigne à ouvrir les vannes pour un compte Gmail. Vous le croyez ?
Incroyab'.
J'ai comme un push e-mail. J'ai mes mèls en direct, ou en léger différé.
Je peux, m'est avis, travailler comme ça.
Pour rappel, le service clientèle de Bouygues m'avait indiqué du vilain : Gmail ? Compliqué. Paramétrons le compte ensemble, ok, mais attendez-vous à des déconvenues.
Mais voilà qu'aujourd'hui, comme une surprise, le tout semble fonctionner.
Allélouia, mes frères : les Rois mages ont dû passer dans la nuit...
Yihaaaa, les cocos. Yihaa.
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[ BO du billet, John Coltrane, Meditations (version quartet) - coffret sublime (8 CD) des sessions quartet chez Impulse!, peut-être le meilleur de Trane ]
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Haltères et go
Tenez, parlons télé. Et téléréalité, un mot qui fait naître la passion. Gros audimat d'une part, grosses critiques de l'autre. Grande hypocrisie ? Peut-être : à chacun de voir (vous me direz). Alors, que dire des Maçons du coeur? L'émission américaine de 42 minutes (5 saisons, chaîne ABC) peut se voir depuis la TNT française (cf. blog). L'idée ? Simple : une famille dans le besoin (santé, argent, habitat insalubre, deuil, traites, etc.) postule auprès de la production. Laquelle, sitôt qu'elle retient ladite famille (parmi sûrement beaucoup), dépêche sur place : 1. une équipe d'animateurs, 2. une équipe de réalisation, 3. une équipe de travaux, d'architecture et de décoration. Là, le grand show commence, comme un agenda au jour le jour (écrit, scénarisé) : l'équipe de travaux détruit la maison familiale (mal adaptée à la situation de détresse), en refait une à neuf, moderne et de grand standing, capable d'héberger un nouveau départ. La joie de la famille éclate. Parfois même un mécène (souvent l'entrepreneur de travaux) règle les traites de la famille ou provisionne des études pour les enfants (hors de prix chez l'Oncle Sam). Les gens du quartier mettent la main à la pâte, les sponsors pleuvent, les bons sentiments aussi et la mise en scène émotionnelle prend des accents volontaristes et larmoyants, politiquement corrects.
Sûr.
Certains téléspectateurs détestent.
Une chose est certaine : en sept jours (!), une armée de fourmis, de tous corps de métiers, s'active et délivre un résultat tangible. Une grande maison. Un havre de paix. Un tremplin pour la vie.
Je dis chapeau.
Il y a, en outre, une chose intéressante : la projection. Le travail psychologique des animateurs, qu'on l'aime ou non, apporte un plus. Et un gros. Je reprends l'exemple de la famille Sears (année 2004). Une adolescente de 17 ans souffre d'une maladie du système immunitaire. Elle se retrouve au coeur d'un protocole de soins lourds, handicapant. Les Maçons du coeur décident de lui construire, à l'emplacement de l'ancienne, une maison pure, capable de filtrer l'air qu'elle respire.
Un gage de retour à la maison, pour une ado fatiguée, échevelée, clouée sur un fauteuil, en surpoids.
Là, une chose s'illumine. Je parlais de projection. Tout le monde connaît la force d'un objectif engageant. D'une issue forte, d'un happy end certain, qui mobilise le désir. Regardons : un point de départ mauvais (A), une issue positive et réaliste (B), fort à parier - avec ça - que le sujet construise le trajet d'A à B, avec ses outils à lui. Car sa nature a horreur du vide.
De l'aveu de certains prisonniers de guerre (1939-1945), c'est l'espoir qui fait tenir, qui maintient le corps. C'est connu. Que faire une fois sorti, ça fait tenir. Et ça prépare l'âme et le corps.
Que fait l'équipe ? Alors que la fille est faible, et frappée d'un pronostic sombre, ils lui aménagent une pièce de musculation. Pour l'étape d'après (d'après la guérison). Pour que l'ado se remuscle et se sente belle.
Ce type de projection, de suggestion, de pari sur la vie, j'appelle ça l'étape d'après. C'est un signe que les autres ou que le monde comptent sur vous pour aller mieux. C'est la preuve, par l'imagination constructive (la foi), qu'un après s'envisage.
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Le travail, c'est surtout pour gagner de l'argent - Pour le reste, il y a la vie perso
En matière de vie professionnelle, certains s'en sortent bien. Ils jouissent, ils assument, ils font quelque chose qui leur ressemble. Et, davantage qu'une vie conforme à des objectifs bien définis, une trajectoire dynamique congruente, assumée, ouverte, à l'affut, fait souvent des étincelles. Ils vont bien. Il y a dans le succès, semble-t-il, un savoir-être authentique, stylé, fort. Une personne assumée.
L'observation et la pratique conduisent à penser que les enfants frustrés, par exemple, donnent des adultes motivés : en mouvement. Le psychanalyste Alfred Adler (1870-1937) fait remarquer que la frustration est un moteur. Quand vient le manque (et sa sensation si prégnante, teintée de volonté - inconsciente - de réparation), les conduites de la personne se tendent vers une action nourrie. Action en actes ou action en pensée. Ce qui, selon moi, construit deux types de tempéraments. Parlons des frustrés financiers, ceux qui ont souffert d'un sentiment de manque d'argent. Cette sensation doublement gênante, dotée d'un premier ressenti intrinsèque, d'un ressenti de manque matériel, développe un renforcement tristement social : le regard des autres. Qui vient en second. C'est la différence. La souffrance de l'éviction, du vilain petit canard. Ça fait mal. Anna Freud décrit très bien, pour tout type de trauma, la logique qui pénalise en deux fois. J'ai mal, et d'un, et de deux je sens que les autres m'isolent.
Alors regardons ce que ça peut donner.
Il y a, selon moi, les affamés de strokes, de reconnaissance, de signes de valorisation, de succès personnel, de sentiment intérieur d'émancipation. Dès que je reçois mon salaire psychologique, je me sens mieux. La vie me fournit ce qui m'a manqué : le sentiment d'avoir de la valeur. D'être compétent, utile, dans le tissu du monde.
Il y a, par ailleurs, les affamés d'argent. Un enfant pauvre (et personnellement ressenti comme tel) peut devenir un adulte motivé en affaires. La finalité, ici, est éminemment matérielle : pour réparer, je gagne de l'argent. Tout euro m'arrache à ma condition, je suis un pragmatique. Et un homme d'affaires. Je suis même doué pour ça.
Les seconds, quand ils créent leur affaire, visent généralement un ROI au vert, sympathique et porteur. L'argent répare et fait du bien. Son confort est une manne.
Pour les autres, les assoiffés de justice, le bilan se mitige. Au lieu de solidifier mon entreprise, et la transformer en gigantesque tirelire (ce qui est sain), je me nourris des signes de justice, d'acceptation, d'intégration, de réussite intellectuelle, sociale ou morale. Je tire là mes nourritures affectives, pour paraphraser un grand.
La vie est cruelle, qui fréquemment couronne les seconds. Pour les premiers, une vie personnelle satisfaisante (porteuse de strokes) est à envisager au premier chef. Vient alors la sérénité, en annexe, d'une vie professionnelle solide, porteuse - elle - de finance. Et seulement de finance. Un pragmatisme peut s'enclencher. Il faut simplement séparer les registres : perso et pro.
Le pro, c'est pour gagner de l'argent. Et, si possible, en quantité correcte.
Briser la glace plutôt que les gens qui déambulent dessus
Échanges verbaux. Vifs comme des glaçons qui glissent. Le lieu : la patinoire événementielle de la mairie, montée pour Noël, à Toulouse. Là, dans l'hyper-centre. Veille de week-end... Contexte populeux, juste avant les fêtes. Tension dans l'air (électrique), mauvais temps, parents sur les nerfs : sur cette patinoire à bambins, il y a peut-être un stabilisateur (sorte de déambulateur individuel glissant, qu'un môme pousse devant lui et qui le maintient) pour trois enfants chaussés de patins. Et des gamins, il y en a. Autant dire que pour un enfant heureux, qui déambule normalement, en moyenne deux autres - en carafe - se viandent et se re-croûtent à vous faire blêmir. Sur la glace, ça fait mal. En plus, ça trempe les pantalons et ça fait rouspéter, surtout les parents, fort nombreux, qui paient pour ça. (Moi, je suis là sur le bord avec ma progéniture, agacé que la mairie, organisatrice, ait oublié : 1. l'animateur-régulateur-glacier, qui s'occupe des enfants, les sécurise, fasse appliquer une ou deux règles ludo-sociales, 2. de mettre, eu égard au succès, le nombre suffisant de stabilisateurs). Et sur la glace, c'est la guerre. C'est Règlement de compte à Pas-Ok Corral : chaque privilégié en goguette (encouragé par ses parents) se cramponne à son déambulateur, si convoité. Chaque parent lésé, par conséquent, grince des dents. Et recuit sa colère en attendant de la livrer à tous, façon volcan.
Ambiance.
Une mère (mi-Victime, mi-Persécuteur en devenir), à l'attention de votre serviteur : - Quel scandale, monsieur. Vous voyez ? Si peu de déambulateurs pour autant d'enfants. Ma Solène [1] ne pourra jamais en profiter. Regardez : elle passe son temps à tomber. C'est outrant !!
Votre serviteur (énervé-songeur) : - Ils ont sacrément mal prévu leur coup, à la mairie. Je pense qu'il va falloir s'organiser. Pas de règle, pas de matériel : c'est le chaos. Il faut sûrement...
La mère (ulcérée, les yeux soudain exorbités) : - Eeeh, vous là-bas ! Laissez-nous ce stabilisateur : ça fait un moment que votre gamine le garde pour elle !!
La famille en question : - Ah bon, et au nom de quoi ?!? Vous vous mêlez de quoi ?!? On fait ce qu'on veut. On a payé. Mêlez-vous de vos oignons, d'abord !!
La mère : - Moi aussi j'ai payé, espèces d'égoïstes !!
Votre serviteur (énervé-fatigué) : - Mmh, j'envie votre énergie, madame. D'habitude, j'ai les paroles qu'il faut, acérées à souhait, mais là il me manque un café.
[ Quelques minutes après, le temps que mon cerveau se re-cale : ]
» Bon, cher monsieur (à l'adresse du chef de famille Onfé-Skonveu). Vous êtes quelqu'un d'intelligent, moi aussi ; ce que je vous propose - pour que tout le monde soit content (et les enfants surtout) - c'est quelque chose de simple. Ok ? Comme ça, votre gamine est contente, vous aussi, ma progéniture et celle de madame itou, et tout le monde avec. Par exemple, votre petite, elle finit avec le stabilisateur. Genre un tour ou deux. Juste après elle le passe à Solène, genre un tour ou deux, qui le passe à ma progéniture, pareil, qui le re-passe à votre fille. C'est facile. Nous faisons une équipe à trois, ça vous va ?
Le père (dubitatif-gentil) : - Moui, d'accord. (Sourire édenté.)
Votre serviteur (prenant pour dérivatif un catalyseur externe, ici abstrait, façon Mobilisateur moins) : - Voiiilààà. C'est la mairie qui s'est trompée. On peut tout à fait s'arranger ; ça va bien se passer, vous allez voir.
La mère de Solène : - Ben voilà, quoi...
Moi : - Voui. Ben ouais.
Une autre mère arrive (et vitupère, nous faisant sursauter) : - Eh, vous là-bas, donnez-nous ce stabilisateur !!
Le triumvirat (maintenant civilisé) lève les yeux au ciel : - Pff, quelle agressivité...
Eh oui. Civiliser [2], c'est convenir d'un truc à plusieurs. Fabriquer une entente, des règles, des encouragements quand ça marche (renforcements), des effets d'éviction pour ceux qui contreviennent.
Plus le sentiment de fierté, bête et drôle, qui couronne les succès comme ça. Vous savez ? Avec les yeux qui se plissent, la moue qui se met en avant et le Pff qui vient qualifier les autres, les moins-bien.
(Héhéhé.)
Be seeing you.
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[1] Prénom d'emprunt.
[2] C'est, rappelle René Girard, la violence qui fournit le prétexte de la civilisation. Lire, en outre, l'helléniste André Bonnard (in le superbe Civilisation grecque), pour qui le mot civilisé, c'est en grec le même qui signifie apprivoisé, cultivé, greffé. L'homme civilisé, c'est l'homme greffé, celui qui se greffe lui-même en vue de produire des fruits plus nourrissants et plus savoureux.
[ L'absence de règles, ou le retrait du chef, c'est la livraison des faibles aux forts, c'est le chaos, d'où ressortent souvent des loups grimaçants, rarement des formes auto-éco-organisées, gagnant-gagnant - c'est comme ça | cf. leadership ]
Trois. Et même s'il y a des milliards de façons de décider, il y a peut-être trois fulgurances - trois chemins mentaux vifs - qui permettent de le faire proprement. C'est-à-dire de résoudre des choses.
Alors, on le sait, la décision, c'est le domaine du stratège, qui pense, imagine, constate, ressent et voit dans un contexte tendu. Et finalise son être (avec des priorités tout de même) vers un succès. Vers un mieux. Vers une position haute, ou solide. Tout ça au sein d'une creuset bouillonnant de rapports de force.
Gros boulot.
Edward de Bono, grand psychologue actuel, concret, consultant pour des organisation internationales, indique à quel point nous réfléchissons généralement mal (cf. éducation, institutions, conformations sociales, etc.). Son Réfléchir vite et bien décrit avec clarté comment fabriquer des solutions. Actions réalistes qui produisent du fruit [1]. Actions qui dépassent de loin la stérile Tragédie des communs. Actions utiles.
C'est simple et créatif. De Bono décroche encore une palme.
Décider ou se décider doit convoquer des forces (des capacités) et non les disjoindre, les mettre dos à dos, les faire entrer en dialectique [2]. Il est évident que chacun voit les choses différemment, avec son filtre à lui (son style, ses préférences). Comprendre que le malentendu est inhérent à tout ce qui anime un groupe est le point de départ, la base (cf. Conflits - Comment les résoudre, du même auteur). Alterner les points de vue, passer méthodologiquement par les différentes couleurs de l'arc en ciel, permet justement d'avoir un spectre complet, qui économise de l'argent, du temps, des procédures, et permet au leader d'avoir un arc décisionnel pratique et fiable (en même temps qu'il permet aux uns et aux autres de recevoir les feedbacks au travail, feedbacks psychologiques dont ils ont besoin).
Laissons le grand de Bono. Laissons un peu ça. Et reprenons du champ : je vous ai parlé de trois méthodes en gros, les voici.
La première est compliquée. Elle liste des éléments, les fait dialoguer entre eux, elle pèse le pour et le contre. Elle est rationnelle (ex. : choisir une voiture d'entreprise). Son intérêt ? Majeur pour des situations simples, où se combinent des valeurs en nombre limité, faciles à identifier (prix, look, performances, utilité, impact sur l'environnement, etc.). Outil emblématique : la liste-papier avec les plus et les moins. Un bilan (une addition, par exemple avec des coefficients) permet alors de trancher.
La seconde méthode est complexe. Elle marie beaucoup d'éléments qui, de plus, changent au fil des journées (tout peut fluctuer). Question possible : le choix d'un associé. Il y a tellement de choses à considérer chez Paul et chez Rémi (ambition, moralité, compétences, gentillesse, disponibilité, etc.), ces choses sont tellement fluctuantes et interactives (la situation de son fils rend parfois Paul taciturne), qu'il vaut mieux - dans l'appareil cérébral - écouter son propre hémisphère droit. Vous savez ? Celui qui voit les choses en général et dégage une impression (une intuition). Ici, la liste-papier devient vite un chantier. Soit vous la transformez en mind map, interactive et colorée, soit vous prenez le temps d'écouter les rapports de synthèse que vous fait votre cerveau droit (je trouve et ensuite je cherche). Outils recommandés : la discussion avec un proche, la méditation, le rêve nocturne, les loisirs décalés, qui amènent leur lot de digestion personnelle, d'écoute de soi, d'écoute des autres.
Il y a un troisième chemin. C'est le questionnement mental des facettes (des dynamiques) qui composent notre personnalité. Comme elles ont toutes une façon de voir le monde, et que tous ces styles ont une utilité (ce sont des ressources), chacune peut (doit) avoir voix au chapitre. À la suite de Taibi Kahler, ce père de la PCM, renforcé dans son modèle par les travaux de la Nasa, eh bien le psychologue français Gérard Collignon propose, en cas de questionnement aigu (ou qui dérange), de faire un « tour du propriétaire ». Dans une vidéo datant de 2000, Collignon recommande d'interroger à tour de rôle (dans sa tête) les six grandes tendances que nous avons tous en nous. La première statistiquement (pour une population occidentale) est celle qui fait la part belle aux sentiments, au bien-être avec les autres. C'est celle de l'Empathique. La seconde, par ordre d'importance, répond aux besoins du Travaillomane, qui recherche les faits, la maîtrise des objectifs et du temps. Il est rationnel. La troisième, c'est une vivacité, un amusement, une interactivité joueuse avec les autres : bienvenue au Rebelle. Quatrièmement, accueillons le Persévérant et ses impératifs de fiabilité, de conviction, d'engagement personnel, d'opinion, de morale. La cinquième tendance nécessite du calme, de l'introspection, de la recherche intérieure féconde et calme (imagination), en même temps qu'une date-butoir pour livrer enfin ce ressenti des profondeurs, nous avons là le Rêveur. Puis, pour terminer, place au Promoteur, qui recherche l'action, la séduction, le rapport de force, le défi changeant, le pragmatisme et cette piquante électricité qui fait ressentir la trépidante course de la vie.
Nous avons là un canevas riche. Avant de prendre une décision importante, je me demande :
| quel bien-être je peux envisager pour les autres et pour moi-même,
| quelles solutions concrètes (quels faits) peuvent venir se mettre en place au quotidien,
| quelle interactivité ludique je peux vivre avec mon environnement,
| quel type de conviction chez moi (et quel genre de fiabilité chez les autres) les choses peuvent garantir,
| quel contenu profond, quelles images peuvent découler,
| quels défis excitants telle ou telle option fait surgir.
Une impression, une force alimentée, une idée se fait jour. C'est quelque chose qui me ressemble : je peux y aller.
Je me sens bien.
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[1] Ou, plus prosaïquement, qui ramènent les chiffres-terrain vers la ligne d'objectifs désirée (cf. résolution de problèmes).
[2] Revoir ce qu'Edgar Morin dit de cette opposition systématique entre un oui (thèse) et un non (antithèse), pressentis pour accoucher d'un oui mais (synthèse), coûteux en énergie, en débats, en fâcheries, en temps. À la dialectique, il préfère évidemment l'approche dialogique, qui vérifie s'il y a des et (éléments de conjonction, de coexistence logique, de synergie). C'est le fameux : c'est compatible, qu'on constate tous les jours.
[ De Bono, le site | Balayage intérieur - Une autre approche peut, par exemple, convoquer les quatre Moi d'Alexandro Jodorowsky (ici), qu'en pensez-vous ? | penser, c'est se situer soi-même dans un contexte ; réfléchir, c'est produire des solutions - c'est très voisin puisque se penser soi-même c'est en même temps se situer (envisager la topographie de l'être, la géographie environnante), donc ressentir les contingences, les frustrations, les amorces de solutions voire impulser les stratégies complètes ; cf. arc réactif de Charles Baudouin (1893-1963), psychanalyste et physiologiste humaniste transversal, pionnier, remarquablement riche et facile à lire ]
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Au départ des sciences humaines, la théologie
Un chewing gum. Mouais. Voilà ce que me semble être la blogosphère des consultants. Pile en ce moment. Truc mâché mou, qui a perdu son goût. (Bon sang, bloguer, c'est vivre.)
Pff.
Et puis tellement limité, tout ça : vous devez être joli, volontaire et en bonne santé. Mais si c'est pour conseiller ça, analyser ça, livrer ça, quel intérêt (si ce n'est la recherche de légèreté, rafraîchissante) de faire des billets pros ?
Je m'ennuie...
Non pas dans ce que je fais (je ne risque pas). Mais dans ce que je lis, sur la Toile.
Tenez, à de rares exceptions (merci Traverson, merci Piaza), peu de consultants creusent les options personnelles : les besoins psychologiques, le style (ethos), la façon d'être. Peu se penchent sur la conscience, l'extension des choix, le bonheur.
Peu d'ailleurs parlent d'eux-mêmes, de ce qu'ils aiment. En vrai.
Alors je mets le curseur en arrière et rembobine un peu. Il y a plusieurs années, l'excellent et dynamique Reda Benkirane (sociologue érudit, multisectoriel au possible, auteur du passionnant La Complexité, vertiges et promesses) me proposait de former une équipe sur le fécond lien entre management (art de mobiliser des hommes pour produire un résultat) et complexité (considération continue, en sciences et dans la vie de tous les jours, qu'un tissu, qu'un système, qu'une interconnexion communicante - volontaire ou non - nous relie jour et nuit). Tout ça, sous l'angle pragmatique du travail [*].
Quelle belle idée. Quel beau domaine, en plus.
Cette complexité, c'est une histoire éternelle. Éternelle comme le sont les choses qui parlent des liens. Vous savez ? Les relations. Et leur puissant aboutissement (et même origine) : l'amour. L'amour qui génère, mêle et rend possible.
Ouais.
Tout ça pour quoi ?
Pour dire que je traque (avide) la théologie en ligne. Oui. Je veux du XXIe siècle et de l'éternité : du dingue et stable. Du vivant, du complexe.
Qui dit, dans les blogs, qu'un concept comme la Trinité chrétienne relève de la complexité ? que c'est moderne ? que ça ouvre les portes pour comprendre beaucoup de choses ? pour réussir ? choisir ? avoir du succès ?
Qui dit que l'interprétation de ce qu'il y a de plus haut se fait en connexion avec ce qui se voit tous les jours ? et que ça marche ? et que ça fait sens ? et que c'est isomorphique de la vie ? du mouvement ? de la construction des choses ?
Regardons. Il y a une unité (Dieu). Il y a l'Incarnation : que ce soit en partie (par la paternité, comme un enfant reprend en lui le matériel de ses parents) ou en totalité (il se met en entier dedans), Dieu s'incarne. (Il y a le Saint Esprit aussi, qui préside à la Création du monde, etc.) Prenons donc Jésus, l'Incarnation. La complexité, et son idée par exemple de logique d'hologrammes (regardez), en clair le modèle complexe expose ça très bien.
Un fragment reflète une totalité. Mieux : elle l'incarne, elle l'est. Elle l'est comme un microcosme reprend le macrocosme qui la forme au départ.
La Trinité, icône d'Andreï Roublev (XVe s.)
Une reprise, une parenté. Que ce soit en totalité complète (copié-collé) ou bien en partie (essence, nature intime, investissement de la force), tout ça importe peu. Puisque qu'une partie condense le tout : c'est qualitatif. C'est architectural. C'est naturel. C'est amoureux.
Examiner un homme peut donc conduire à voir Dieu (qui fait les gens à son image). Mais il y a la barrière : le péché, l'erreur (manquer la cible, dit l'étymologie). C'est donc tout flou. En Jésus, c'est net à l'inverse : le Tout (Dieu) se voit très bien.
Tout ça pour quoi, je disais ?
Pour parler. Et puis, en même temps que ces lignes me permettent de répondre à mon ami Traverson, je vous renvoie la balle. Et vous souhaite de très bonnes fêtes, par anticipation.
Prenez soin de vous.
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[*] Travail : rapport de force qui produit des choses. Des plus.
[ < théma Parts de marché | catégorie Stratégie | billet interactif, cliquez sur le bandeau de son titre ]
Manger en premier
- Je l'ai vu l'autre jour, me confie Adrien [*], un entrepreneur observateur et fin.
- Quoi donc ?
- Je jouais au poker et, à la table, j'ai raflé quelque chose comme 80 % des mises en quelques minutes.
- Et ?
- Eh bien, j'étais chip leader. Confortable. À moi, pendant tous les autres coups, de décider si j'y allais ou restais en retrait. Et là, j'ai observé quelque chose de très intéressant, très proche de l'univers des affaires.
- Oui ?
- Les autres, à la table, ont mis un temps fou à se bagarrer entre eux pour les 20 % restants, autant dire des miettes.
- Tu veux me dire que les parts de marché se prennent en masse, entre gros opérateurs, en tout début de marché ? et qu'ainsi ils vérouillent un territoire ?
- Exactement. Et aussi que beaucoup de PME se bagarrent sur des aires où déjà tout est confisqué, dès le début, par les grands groupes. Ils bloquent tout par la notoriété (effet de référence). Les PME ? Elles se débattent pour trois fois rien. Elles vivotent.
Mmh. (Eh oui.)
Chers lecteurs, que dites-vous de ça ? Le vivez-vous ?
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[*] Prénom d'emprunt.
[ Voir en quoi le marché de l'innovation diffère certainement de ce modèle ]
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Il va y avoir du score
Le scoring, c'est un peu comme les câlins, on parle ou on applique. Aujourd'hui, je vous montre comment j'envisage ça (le scoring). Et vous propose, en retour, de poser vos questions. Allez, la maison [*] régale : voici la vidéo.
De plus, vous pouvez, pour une utilisation libre, télécharger le tableau de bord. C'est là :
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[*] Ou en l'occurrence votre serviteur, bien enroué.
[ En contexte mouvant, comme celui de l'entreprise, il faut concevoir des cartes ou des tableaux de bord qui vont bien au delà de la (classique) matrice BCG, à 2 critères (abscisses et ordonnées - 4 quadrants) | visuellement, donc, une matrice à 6 critères a du sens : privilégier par exemple une toile d'araignée ou directement un hexagone | question scoring de tâches (priorisation), connaissez-vous ToDoList (Fr) ? ] Read More
[ < thémas Crise & Gagnant-Gagnant | catégorie Économie | billet interactif, cliquez sur le bandeau de son titre ]
Supplément d'âme, et de performance
Clic. C'est le bruit de la souris et c'est le terme consacré pour désigner les transactions sur le Net. Brick and mortar ? C'est le briques et béton du vocable anglophone, comprenez les magasins physiques, « en dur ». Regardons les poids lourds : côté clic ; côté « dur ».
En clic, chez les mastodontes, la cadence des ventes est traditionnellement décoiffante. Sur des campagnes-flash très ciblées, C-Discount affiche des pics d'environ 200 ventes par minute. Gros scores, liés à la fulgurance du Net en tant que moyen technique. Côté « dur », un numéro un sectoriel comme Orpi, avec 1 400 agences immobilières, déclare 3 ventes à la minute. Là aussi, s'il est toujours vrai, c'est un joli chiffre.
Parlons de mon chouchou. Il travaille dans le « dur ». Le panier-client moyen ? Quelques euros. Mais la cadence, mes amis, la cadence : 14 ventes à la minute. Mesurez l'ampleur [1].
Je vous le donne en mille, Alter Éco fait du bien. Son patron, ancien HEC, le dit sur son blog : L'objectif d'Alter Éco est de défendre l'idée d'un commerce plus juste grâce à l'outil économique et - grâce - au marché. Tristan Lecomte avoue promouvoir une forte culture de l'audit et de l'efficacité [2]. Nous voulons, explique-t-il, être le plus performant possible pour participer au développement du mouvement sur le long terme.
Long terme. Une expression que l'on associe, en ce moment, à la crise. Exploitant les ressources économiques, écologiques et humaines du business globalement utile, Alter Éco trace une (grosse) voie. Celle de la croissance.
[2] Avec le cabinet PriceWaterHouseCoopers. Cf. blog de Tristan Lecomte.
[ Le capitalisme gagnant-gagnant, modèle économique en essor ? | revoir Mondragón | 80 Hommes, également | revoir aussi le management des hommes (le vrai), en Occident lié au protestantisme économique (qui est un humanisme) ou au mouvement coopératif, pragmatique et inspiré, tel que le développait mon grand-père | l'entrepreneuriat selon Tristan Lecomte | question gouvernance et pratiques managériales, il y a l'observatoire Great Places to work | autre sujet - l'immobilier, toute une crise (blog) | Crise, faut-il transformer les 3 piliers (merci House Mouse et Marie Phoenix) que seraient l'administration du capital (gouvernance, utilisation du profit), la R&D (compétitivité, création de nouveaux marchés), le recours aux matières premières (optimisation, innovation) ? dans le contexte mondial ? ]
C'est qui Alain ? C'est Alain Fernandez, il est spécialiste de la mesure (et par conséquent des voies d'amélioration) de la performance. La performance, c'est - pour votre entreprise - tel ou tel type d'avancée (de progression chiffrée, donc mesurée) dans tel ou tel domaine. Ok. Des domaines, évidemment, il y en a plein [1]. Et tout ce branlebas de combat, toute cette effusion, toute cette énergie mesurable, c'est la dynamique de satisfaction. Satisfaction : 1. de l'entreprise (rentrées d'argent, soin des clients - puisque ces derniers paient). Et satisfaction : 2. des hommes composant l'entreprise, ceux-là même qui s'activent à générer ce qui ramène l'argent. Ce ressort qui ramène l'argent, c'est bien sûr la création de valeur ajoutée, préoccupation (normalement) centrale. La valeur ajoutée ? Le service que vous rendez, qui fait qu'on vous paie, qu'on reste chez vous voire qu'on ramène des copains avides de consommer ce que vous faites (nouveaux clients). C'est la façon typique dont vous travaillez et c'est la valeur (chiffrée) que vos clients, vos concurrents, les commentateurs et les décideurs tout autour de vous (et même plus loin) donnent à votre produit (au service qu'il rend, utile ou futile) et à votre style (identité, fiabilité, image de marque).
Bref.
Sur le papier [2], c'est facile de saisir tout ça. (Quoique.)
Dans la réalité ? C'est plus ardu. Le dirigeant et ses sbires (c'est-à-dire... tout le monde) doivent bien connaître : 1. ce que recherche le client (ses attentes). Puis bien connaître ce qui peut : 2. le détourner de chez vous et lui faire préférer un autre fournisseur (concurrence directe - pour le cinéma du samedi soir, c'est les films-télé ; ou indirecte - pour le cinéma du samedi soir, c'est l'autoroute qui facilite l'accès à la maison secondaire, à la maison que l'on rejoint le week-end). Puis connaître : 3. les outils et best practices (par ex., les outils atomiques) qui améliorent en continu la productivité (raccourcir les délais déployés pour faire une chose, donc - pour une période donnée - faire rentrer plus de choses rentables et/ou motivantes, voire générer, hum hum, du temps de repos). Et aussi savoir : 4. où est le ROI (c'est de la stratégie). En outre, et c'est peut-être le plus important, c'est savoir : 5. animer ses troupes. Ou comment leur donner envie de se dépasser, de générer la plus grosse valeur ajoutée de l'histoire, de se « péter » pour la boîte (c'est la motivation).
Eh oui, la motivation (!). Revenons-y. C'est l'art de mettre soi-même et les autres en mouvement. Avec l'énergie humaine [3] bien comprise, bien canalisée, bien encouragée, bien huilée. On soulève le monde.
Ouais.
Je veux vous parler d'un cas tout récent (cas réel), façon Voiture-réalité.
Fig. 1 - Montgomery Burns, parfait modèle de P'tit D,
personnage hilarant de la série Les Simpsons et que ma progéniture affuble d'un :
« Bah, mais qui c'est celui-là ?! On dirait une sorcière. »
Nous sommes attablés.
Moi. - Mais, au juste, sur quoi s'appuie le management dans ton entreprise ?
Quelqu'un que je connais. - C'est-à-dire ?
- Mmh, quels sont les critères de rentabilité (chiffre d'affaires, marge commerciale, voire résultat brut) ? Et quels sont les critères de qualité perçue ? Soit les axes d'analyse [2] qui viennent te parler (après enquête continue) de la satisfaction-clients ? Clients internes (employés, climat, niveau d'implication, présentéïsme) et clients externes (plein d'autres, mais surtout le client final, celui qui paie, qui parle de la boîte autour de lui, et qui reste ou s'en va).
- Rien de tout ça, tu parles...
- Pff, c'est fréquent. J'imagine que ton boss n'a pas de tableau de bord pour représenter et mesurer la performance de l'équipe et la performance de chacun pour ça ?
- Héhéhé [ironie], là tu en demandes beaucoup.
- Oui ?
- Mon boss ignore tout de tout. Ses engueulades sont perfides, déplacées, stressantes et injustes une fois sur deux. Sa compréhension de nos avancées ? Néant. Quand il y a une enquête-qualité, il laisse traîner la pochette et nous dit, d'un mouvement de la main : Allez-y, vous pouvez regarder. Et rentre dans son bureau.
- Il ignore tout des autres et de la boîte et de ses avancées... et de vous ?
- Ben oui.
- Sur quoi il se fonde pour féliciter (ah, pardon... il ne félicite jamais). Mmh, pour recadrer ?
- Sur des impressions. C'est subjectif (passe encore). C'est surtout arbitraire. En ce moment, ceux qui ont le vent en poupe sont ceux qui le matin, à la première heure, se ruent dans le bureau du boss pour lui expliquer que - en dehors de leurs heures de boulot ou de leurs prérogatives [5] -, ils ont joyeusement pris à leur charge une partie de son boulot, resté inachevé. Puis, la grande classe, une palme revient à celui qui - dans les couloirs - cogne un marteau (si !) pour accrocher ou décrocher des trucs. Et donc s'agite, et donc brasse du vent. Et le fait (bruyamment) savoir.
- Quelle valeur ajoutée ce marteau, tacitement apprécié par le boss, fabrique-t-il ? au global ? par équipe ? ou pour une personne en particulier ?
- Aucune ! Juste accrocher des trucs. Et faire comme si : fabriquer une impression.
- Je vois...
(Cas réel, je le rappelle.)
Allez j'en finis. Alain a raison, c'est sûr. Rationaliser (et humaniser une boîte), c'est faire quelque chose d'adulte. De lucide. De sain. C'est convenir des indicateurs, c'est regarder comment ils se remplissent de vert, c'est aider les gens à le faire.
J'ajoute, c'est proposer de ramener les marteaux chez soi...
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[1] Il y a : 1. la stratégie (art d'envisager et de vouloir des happy ends et donc de modéliser gagnant, en fabriquant 1.1 un profit - le ROI -, 1.2 une profitabilité - valeur commerciale de l'entreprise, que l'on peut développer ou revendre). L'idée ? Remporter un à un les rapports de force (terrains de jeu ou champs de bataille) touchant aux clients, aux concurrents, aux fournisseurs, aux cultures et tendances d'un marché, au droit social et fiscal, aux technologies environnantes et aux méthodes de travail - bref, tout ce qui empêche et/ou facilite le profit. Il y a aussi : 2. le marketing. C'est le choix plus ou moins opportun des façons dont on veut répondre aux clients, par le bon produit, par le bon prix, par le bon service qui va autour, etc. Le marketing et son prolongement, la vente (aimer rendre service au client). Il y a en outre : 3. la qualité. C'est l'organisation (bon design, rationalisation correcte des étapes de travail) et le management (pratiques motivationnelles) qui font que l'on comble l'écart constant entre les attentes d'un client, d'une personne ou d'une institution qui attend de nous un plus, une valeur ajoutée (dans le système d'affaires, il y a là le collaborateur interne, le client final, le réseau commercial, les journalistes, les prescripteurs, les collectivités locales, etc.), et les réalisations-terrain (les chiffres de l'entreprise, la satisfaction de ces mêmes clients). La qualité prend soin des clés du succès, considérées comme un faisceau de compléments mutuels. Tout cela participe de l'excellence. De la bonne gouvernance. Du pilotage. Pour peu qu'on ait des objectifs, des envies, une éthique, des moyens de mesurer les résultats (tableaux de bord).
[2] Faisons-nous plaisir... Valeur du service rendu (Serv) + Image de marque (Img) = Valeur ajoutée (VA). Jusque là, tout va bien. Or, VA + Satisfaction (S) de l'entreprise S(ent) et des clients S(cl) = Performance = P. C'est facile. Comme P = S(ent + cl) et comme P augmente au moyen des tableaux de bord (TdB), on se retrouve, pour tout [X] figurant une augmentation, avec : S(ent + cl) x TdB = P + [X]. La performance augmente, et à travers elle la satisfaction des clients internes et externes, plus la perception du service rendu, plus l'image de marque de l'entreprise responsable.
[4] Je parle là de choses de base. Un troisième axe consisterait à évaluer le facteur barrier et le facteur brand (revoir les 2B).
[5] Je recommande ici la rédaction, façon objectifs-minute, de lettres de mission personnelles. C'est mieux pour les territoires, c'est mieux pour travailler (intelligemment) sur des objectifs. Donc manager (discerner, interagir, encourager).
[ Ce syndrome du marteau, il faut le regarder sérieusement : il peut être (il est) synonyme de stress - Quand j'ignore ce que je dois faire, dans le doute (un doute coûteux en énergie et en résultats finaux), je m'agite et je manipule et je cogite | un bon manager sait motiver, certes, il sait aussi apporter la concorde, l'ambiance de travail, l'évaluation sereine, la régulation, la paix ] Read More
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« Trois trucs »
Une personne qui m'est chère conduit sa voiture. Je suis assis à côté. Concentrée sur la route, les yeux plissés, elle me dit :
- Mmh, vas-y répète : c'est quoi les critères du bon manager ?
- Essentiellement trois trucs. Est-ce que ton manager est 1. moral, exemplaire dans son comportement et impartial avec ses employés ? (Est-ce qu'il joue collectif ?) Ensuite [je compte sur mes doigts], 2. est-ce qu'il te félicite à chaque fois que tu réussis quelque chose ou atteins tes objectifs ? (Soyons fous, est-ce qu'il te dit à quel point il est content de bosser avec toi ?) 3. Pour terminer, est-ce qu'il est capable de discerner chez toi la faute, délibérée donc sanctionnable, de l'erreur, involontaire et que tu peux donc pallier avec un simple entraînement ?
- Attends, me répond la personne. Tu me demandes si mon boss est exemplaire, s'il a le courage (les c...) pour féliciter ce que je réussis. Et puis s'il module la pression qu'il me colle et sait voir en moi ce qui mérite d'être amélioré, poussé, encouragé ?
- C'est ça, réponds-je, les yeux braqués sur la file de voitures.
- Ok. Alors, premier élément, de 0 à 10, 0. Deuxième élément, 0 aussi. Et troisièmement, ben, 0.
- Tu te sens motivée ?
- De 0 à 10 ?
- Par exemple.
- 0. Je reste pour la paie...
- (Soupir.) Il y a là aussi trois trucs, qu'on voit souvent. Beaucoup de managers le deviennent [*] parce qu'ils sont, à la base, de bons vendeurs. Leur hiérarchie les récompense. Ou alors ils sont anciens, ils obtiennent de l'avancement. Ou alors ils sont intrigants et leur hiérarchie promeut un ami, qui - en plus - sait montrer du tempérament (sait jouer des coudes, plutôt).
- Dans le cas de mon boss, je note de 0 à 10, là ?
- Laisse tomber. J'ai une « vague idée ».
- Tu m'étonnes !
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[*] La plupart des entreprises pensent que quelqu'un de bon (ou de capable, ou de déterminé - certains appellent ça motivé), bref qu'il suffit de quelqu'un d'un peu volontaire (ou qui connaît bien les us et coutumes du client ou de la « maison ») pour manager. Ce qui ressort des constats-terrain, c'est que le manager manque de formation : on le bombarde là, comme au combat. Et il vit la pression de sa ligne hiérarchique exactement comme il le faisait avant, comme subordonné. Il la subit. Donc il la répercute. Et en faisant ça, il stresse à haut niveau, donc se rigidifie. Ou, pire, il lâche tout (Débrouillez-vous entre vous - il existe une foule de scénarios de ce type). Revoir les drivers.
[ Il existe plein d'entrées possibles dans la galaxie du management, que ce soit en général ou en particulier. 1. Le leadership (gouvernance, soit autorité et modes de commandement opportuns), 2. la capacité à incarner, expliquer et entraîner le changement (influencer, faire envie, rassurer, garder le cap), 3. la compréhension des rapports de force (séduction, sujétion, coopérations conditionnelles) et enfin 4. le charisme (confiance en soi, complicité, foi aux autres, optimisme). Tout ça brûle de vérité. Mais pour les collaborateurs, le chef c'est avant tout celui qui motive et donne envie de sa bagarrer tous les jours, pour une cause (fût-elle égoïste) | le manager est avant tout un motivateur ]
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J'en termine avec le canevas du docteur G., stratège, entrepreneur, conférencier.
C'est plein de bon sens (et d'expérience) :
Fig. 1 - Modéliser gagnant, mes notes personnelles
Il conseille de se figurer :
1. le prix que l'on vaut réellement (la valeur, l'importance du service, le gain chiffré que l'on apporte au client),
2. la catégorie socioéconomique de la clientèle que l'on vise par conséquent (cf. politique de volume ou de valeur, le luxe étant une retranscription plus ou moins fine de l'univers du client, de ses attentes, de ses habitudes, de sa culture, or ce degré de qualité produite se facture fortement),
3. le bon déroulement technique et business des processus (étapes optimisées, atteinte effective du ROI, suivi continu de la qualité que le client perçoit, construction d'une solide image de marque),
4. identification permanente des problèmes (mesure des décalages chiffrés entre un objectif et des résultats réels).
À vos commentaires.
Bon week-end !
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[ Prenons 1 000 € - Une politique de volume consiste à vendre 1 000 produits à 1 € pièce ; la politique de valeur vise, elle, mettons 2 clients capables (et désireux) d'acheter une unité 500 € pièce | le problème selon le docteur G., c'est la force mécanique adverse (résistance, effort contraire, voire sabotage du travail ou du moral des troupes) que déploie une composante de votre système d'affaires (par exemple un employé) | ce type de modèle, davantage hydraulique que complexe, accorde une grande importance à la clarté cognitive et à l'autorité que projette le leader (il s'impose et traite des rapports de force) | une autre vision possible (et sûrement compatible) envisage le problème comme un gap, comme un fossé chiffré (une différence) entre un objectif d'affaires et sa réalisation concrète (clairement mesurée) | ex. d'objectifs : chiffre d'affaires, marge commerciale, résultat brut, délai de confection, taux de conformités après audit, taux de présentéïsme annuel, taux de satisfaction-clients, degré de gêne que peuvent éprouver les clients de votre portefeuille à migrer vers un autre fournisseur (vérouillage-clients), degré d'indépendance de votre structure par rapport à un fournisseur-amont, etc. - c'est tout ce qui figure dans la colonne « objectifs » du tableau de bord de l'entreprise | modéliser un comportement-type de l'entreprise (procédures fiables, système comportemental optimal), c'est réduire les processus (actions avec un début et une fin, fabricatrices d'un plus pour quelqu'un, en interne ou à l'extérieur) à leur expression la plus simple, la plus rentable, la plus mobilisatrice ; c'est un peu comme définir ce qu'est un organisme en bonne santé (quelque chose qui déploie simplement sa vitalité certes, et aussi qui développe un plus, pour soi ou pour un ensemble) ]
[ < théma Stratégie | catégorie Stratégie (ben oui) | archivage automatique du billet sur le loup et sur saint François, sur les besoins humains (instinctifs) et les poussées qui les expriment et, finalement, sur les émotions primaires (cf. Paul Ekman) et les chemins spirituels (chemins de travail) qu'elles nous font emprunter | billet interactif, cliquez sur le bandeau de son titre | 2e partie > ]
Certes. Il y a des billets que je laisse partir aux archives avec mélancolie. Pandaloup est de ceux-là, qui évoque ma progéniture (fort dynamique) et cette virginité philosophique (disponibilité, puissance brute) qui caractérise ses élans, ses envies, ses questions, son rapport au monde.
Un billet en pousse un autre (c'est comme ça) et celui d'aujourd'hui parle de stratégie. La stratégie, c'est cette capacité qu'ont certains à envisager un parcours par la fin. Il y a chez le stratège le talent du metteur en scène, qui sait comment son film se termine. En conséquence, il case les éléments intermédiaires, ceux qui amènent, ceux qui font sens. Il comble le segment départ-arrivée par des séquences, qui alternent entre éléments coulés et vraies saccades. C'est ça la narration, c'est ça le rythme, c'est ça le ressort du récit : une logique interne qui va de soi, qui rebondit, raconte et convoque les sens, l'imagination (au sens de la psychologie des profondeurs [*]), la capacité projective d'un public (les PNL-istes appellent ça le cinéma intérieur).
Mon mémoire de fin d'études portait sur ce storytelling (dans mon cas, visuel) que la planète envie aux Américains. Empiriques et touchants, ils savent raconter (cf. culture des pasteurs en chaire, pragmatisme et valorisation de la conscience - donc du ressenti - personnels). Il faut évidemment regarder ce que le management visuel, la cartographie mentale et les clips buzzés du Net ont d'impact sur nous.
L'Europe, pourtant fille de la Renaissance, des Beaux-Arts et du Romantisme, devrait en prendre de la graine. L'hémisphère droit ? Un continent à redécouvrir.
La narration, donc. Ou plutôt la capacité à voir (projection), à envisager par la fin (happy end). Voilà ce qui s'appelle « scénariser gagnant » ou, mieux, « modéliser un ROI » (return over investment), si possible fort et rapide.
Ok.
Il y a dans la stratégie aussi l'aptitude à comprendre et caractériser (avant et en direct) les rapports de force. Il y a là-dessus une paire de billets que je vous laisse aborder.
C'est le moment de vous parler du docteur G. (Ah, mystère, quand tu nous tiens !). Cet entrepreneur à poigne, fertile et déterminé, est également un conférencier de talent.
Une embardée dans son univers volontariste et typé (engageant, unique) m'a fait récemment coucher des notes que je vous transmets... juste après.
Be seeing you.
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[*] Je pense à Gilbert Durand et Georges Romey. Mais aussi, cette fois du côté de Palo Alto, à l'excellent Milton Erickson, expérimentateur et intuitif, tout le contraire du caractère méthodique et prudent d'une autre grande figure de son temps, Gregory Bateson.
[ < théma Caïn & Abel | catégorie Divers | archivage automatique du billet sur le pourquoi (questionnement), sur l'enfance et la vitalité philosophiques, sur le poids enfin du regard en éthique (façon de vivre, de se placer dans le monde et de choisir le sens et le poids de ses actes) | billet interactif, cliquez sur le bandeau de son titre ]
Le grand absent. C'est lui le grand absent, c'est Abel. La guerre, ce propre de l'homme qui incarne ce qu'il a de plus sale (incapacité à s'entendre entre soi), cette horrible guerre nous le prend. La guerre, c'est la jalousie. Témoin, la Bible. Dans leur récit, les Écritures nous parlent d'Abel. Elles nous montrent la portée universelle du crime. (Le crime, c'est une attaque avec mobile, une attaque sous prétexte - contrairement à l'autodéfense, tournée vers le sursaut vital.) Caïn tue Abel car il veut confisquer l'amour (et le regard) de Dieu, par la violence. Pauvre fou. Caïn est un passionné, un tourmenté, un dingue. Il tue son frère et cet acte terrible, le grand René Girard en fait le fondement, le nœud matriciel violent, fracassant, où tout se joue. De ce chaos passionnel naît la civilisation (régulations, paradigmes, productions collectives concertées). Les constructions humaines sont violentes (elles violent), les édifications se font dans le sang.
Pauvre Abel ! Cette guerre de Quatorze-Dix-huit nous l'aura pris. Abel, c'était le gars dans son champ, le type avec son agriculture et avec son père et sa mère et ses frères, et ses sœurs et ses copains. Pauvre Abel. Abel c'était François et c'était aussi Franz (c'était également Ali, Gábor et tellement d'autres).
Abel (vrai prénom), c'était aussi l'oncle de ma grand-mère paternelle. C'était l'oncle de Georgette. C'était ce gars que le combat de 14-18 mena loin. Et son officier le porta disparu. Des documents l'attestent. Ce pauvre Abel, sorti de l'adolescence, ce pauvre Abel, il est parti loin de chez lui et il a fait un trou. Un trou familial : porté disparu se hurle et se chuchote (c'est le pire cri, celui des pierres - cf. Luc 19:40). Sa mère (grand-mère de ma grand-mère) en est morte de chagrin. Épuisée par l'absence et par les pleurs. Mais tu crois qu'il reviendra, Abel ? Pauvre Abel. Et pauvres deuils, même pas faits.
Un trou.
Et puis par hasard, il y a une poignée d'années, lors d'un voyage, Georgette a retrouvé la trace d'Abel. Comme ça. Abel était bien mort lors d'un assaut.
La grand-mère, la maman d'Abel, pouvait enfin vivre en paix. Et, depuis sa tombe, entamer son deuil.
Toutes les familles ont un Abel en elles. L'immense Anne Ancelin Schützenberger le clame.
Et vous voudriez qu'on arrête de parler de la guerre ? Qu'on désinfecte l'Histoire ? Vous avez vu les monuments aux morts dans nos campagnes ? tonnait mon grand-père dans ses discours sur la paysannerie. Pleins de noms de paysans, les grands oubliés, la chair à canon, la force vive et nourrissante du pays.
Honneur à vous, pauvres hires. Nos familles sont pleines d'Abel.
Et je veux parler ici de violence et de deuils certes, mais aussi d'humiliation.
Le besoin de se sentir fier est anthropologique et profond. Je pense aux familles de chez nous, bien sûr. Je pense aussi à celles de nos frères outre-rhénans. Et puis à tous les grands perdants (pauvre Hongrie). Humiliés.
Je pense aux fracas de l'Histoire, aux mutilations territoriales et culturelles, à l'érection des nations occidentales. Dans le sang. Les grands perdants ? Les civils de tout bord. À l'exception de l'Inde de 1947, pour l'occasion non-caïnique, convertie à la non-violence par un Gandhi inspiré.
Il y a aussi les Juifs, les Palestiniens (sous mandat britannique une partie du XXe siècle), les Gitans, les Africains et tellement d'autres.
L'humiliation, je disais. Pensons au monde arabo-musulman et aux poussées qu'il connaît ce siècle-ci.
Tout est le fruit de Caïn. Caïn le coléreux, le jaloux. Mais aussi Caïn l'illuminé.
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[ Le manque de regard et la réprimande mal embouchée conduisent au syndrôme de l'assoiffé de vengeance | La figure d'Abel - Voir Neil Gaiman (le blog) et son magnifique travail sur les archétypes (théma) | Caïn et Abel, personnages récurrents de la saga Sandman de Gaiman (poster, merci Vulture) | autres dessins, et aussi chez Flooby | Le Nouvel Observateur (HS d'octobre-novembre 2008, n° 810 H) est une perle sur l'Histoire, lire notamment l'émouvant édito de Jean Daniel (son blog) | il y a, chez ma grand-mère, une boîte qui contient des photos de soldats de la guerre de Quatorze-Dix-huit | tenez, la dynamique de groupe, vrai labo à ciel ouvert de la violence, de ses régulations, des scénarios qui pendent au nez des parties-prenantes | l'Europe de 2008 est une zone de paix ]
[ < théma Cerveau | catégorie Sciences humaines | billet interactif, cliquez sur le bandeau de son titre ]
L'aventure intérieure
Les préférences cérébrales. Hémisphère gauche ou hémisphère droit. Les qualités d'un bord ou plutôt de l'autre, par exemple l'esprit d'analyse [1], opposé par la culture occidentale classique à son pendant, l'esprit de synthèse. Vastes champs de l'esprit, que l'expérimentation approche massivement dès l'Après-guerre (psychologie, informatique, cybernétique, etc.). Le cerveau, il faut le dire, est - par son dialogue continu entre les différentes zones qui le composent [2] -, en clair, le cerveau est une filière d'efficience (la principale), tant dans la vie de tous les jours que pour les défis collectifs. Tendances cérébrales, chemins de frayage, compétences ou angles spécifiques d'édification... Le thème des pôles de compétence cérébrale, des pôles dédiés, séduit tellement que la PNL, soucieuse de relevés-terrain, s'empare directement du sujet, en étudiant les supercommunicants. Professionnels qui réussissent à influencer, à provoquer le changement, à induire chez eux et chez autrui les pensées et les comportements qui marchent. Les conduites qui solutionnent. Qui ouvrent les perspectives, à partir des qualités d'un émetteur et des aptitudes naturelles d'un récepteur.
Nous sommes dans les années 1970. Par les ouvrages de vulgarisation ou les séminaires de formation, ça rentre dans les conversations : untel est plutôt comme ci, plutôt comme ça. Son esprit, sa façon de voir le monde, a une empreinte, une identité, une couleur (et donc des qualités et des limites propres). Il développe un style, une façon d'être qui découlerait d'un développement de telle ou telle aptitude cérébrale.
Ok.
Rentrons dans les années 2000. Ce que la neurobiologiste américaine Jill Bolte Taylor nous dit des spécialisations cérébrales est époustouflant. Croyez-le ou non, mais ce qu'elle étudie (les processus cérébraux), la vie lui permet de le vivre en direct. Et sur elle. C'est un accident vasculaire cérébral (AVC), affection considérée comme lourde, qui lui permet de ressentir son cerveau, son activité, ses changements. Son accident ? Un champ d'étude à ciel ouvert, qu'elle ressent, questionne, étudie.
Fig. 1 - Conférence : Ce que ça fait d'avoir un AVC
La journaliste Véziane de Vezins lui donne la parole :
« Combien de chercheurs en neurosciences ont l'opportunité de vivre par eux-mêmes un accident vasculaire cérébral ? [...] L'hémisphère droit de notre cerveau est programmé pour le bonheur, la paix, la compassion. [...] La plasticité des neurones donne à chacun la possibilité de “virer à droite” et de choisir la paix et l'amour plutôt que l'affrontement. [...] Le circuit neuronal de la colère est mobilisé durant exactement une minute et demi, après quoi la tension retombe. Libre à nous de ne pas donner suite. »
Ce 10 décembre 1996, à 7 heures du matin, après une terrible douleur derrière l'œil gauche, la scientifique ressent quelque chose d'étrange. « Mon énergie spirituelle, confie-t-elle, flottait en suspension autour de moi, telle une baleine géante dans un océan d'euphorie muette ». Diagnostic : cerveau gauche atteint, c'est donc l'hémisphère droit qui interprète les choses, dans son langage.
Convalescence, volontarisme et amélioration sont au rendez-vous. Enfin.
« Si mon odyssée intérieure m'a appris une chose, indique-t-elle, c'est que la quiétude est à notre portée. Il nous suffit, pour y parvenir, de faire taire la voix de notre hémisphère gauche dominant. »
Fantastique, je disais.
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[1] Il s'agit de l'hémisphère gauche, considéré comme la structure dynamique hébergeant les centres du langage.
[2] Cette conception d'un cerveau porteur de zones « géographiques » spécialisées, et connectées entre elles, relève du localisationnisme. La science actuelle trouve parfois le modèle simpliste et dépassé.
[ Joffrey Bouissac, un aventurier cette fois-ci de l'autisme, également précieux pour comprendre l'esprit humain : son récit | ah, le touchant blog de Julie Gravel-Richard, professeur de littérature classique, atteinte d'une tumeur au cerveau | Jill Bolte Taylor est neurologue - un autre neurologue fameux, Antonio Damasio | revenons-en aux aventuriers de l'intérieur, c'est fou ce talent spéculaire de l'homme, qui peut expérimenter (ressentir, vivre) quelque chose et en même temps interroger le phénomène concerné (dédoublement, effet de miroir, séparation des flux, fixation-étude d'un objet courant) | une idole (étymologiquement une image), c'est la fixation d'un élément que l'on étudie, dont on sort une substance affective et/ou expérimentale, voire qu'on révère, et qui rassure dans sa fixité - c'est le contraire de la vie, du fleuve existentiel remuant, donc surprenant, contraignant, anxiogène | revoir le traitement inquiet (effet de comblement) que l'homme réserve à tout type de terra incognita | parlons de cette aptitude (spéculaire) de fixation symbolique des choses (abstraction, modélisation, étude), je me souviens du photographe Moïse Arbib, qui me disait que l'image avait ce pouvoir de faire naître l'illusion qu'on maîtrise, qu'on fige, qu'on comprend, qu'on possède (c'est la même chose) ; un jour il me montre la photo originale (émouvante) de rabbins du ghetto de Varsovie, étudiant dans une bibliothèque juste avant que les nazis la ravagent (puis il referme le coffre qui la contient, exprès, respectant la volonté de l'homme qui la lui avait confiée) ; il y a dans cette image une lumière, un contraste noir et blanc et une intensité que seule la privation de la voir à nouveau vivifient, rendent à la vie, libèrent - ainsi, finalement, puis-je capter son rythme, son essence, sa puissance et la vérité qui la composent : par l'absence, par le respect, par la compréhension de son impermanence (et là, saisissant qu'elle m'échappe, je la ressens réellement) | Pourquoi les Occidentaux photographient-ils les mandalas de poudre colorée ? Ces figures sont faites pour comprendre la métamorphose, la vie, la mort des choses et leur passage - saisir et vouloir garder, c'est mortifère, disent justement ces mandalas ; surfer sur la folle course du monde, ça c'est intense et porteur | pour celui qui chasse (et ressent en direct ce qui passe), pas besoin, estime Alejandro Jodorowsky, d'encombrants filets, d'intellect et de doctrines étouffant le flux ressenti des choses, donc l'ardeur vitale | le signifiant tue la chose, comme dirait Jacques Lacan (qui pourtant - quoique génial - en tua beaucoup, des choses) | à l'heure actuelle, c'est peut-être Georges Romey qui parle le mieux du nécessaire dialogue entre cerveau gauche et cerveau droit, Animus et Anima (voir théma) | la complexité d'Edgard Morin, l'interdisciplinarité de Boris Cyrulnik, la transversalité d'Edward De Bono et l'approche systémique (tellement simple et naturelle) de Joël de Rosnay sont également dans la mouvance d'une circulation gauche-droite, d'analyse et de saisie d'ensemble à la fois | les deux hémisphères communiquent entre eux au moyen du corps calleux, lire le remarquable (et Toulousain) Bernard Auriol, psychiatre et psychanalyste érudit ]
[ < théma Changement | catégorie Management | archivage automatique du billet sur Edward de Bono et sur la rose de Jodorowsky - cette rose (binôme rose-petite fille) illustre l'importance d'avoir une pensée juste, une pensée consciente : 1. de sa propre subjectivité, 2. des changements d'angle possibles (et profitables), 3. des contraintes (limites) de la perception, 4. de l'évolutivité de l'objet pris en compte, tant dans sa catégorie que dans un ensemble plus grand | billet interactif, cliquez sur le bandeau de son titre ]
Génération Yes we can
Que d'émotions. Je m'y remets : nous sommes le 4 novembre au soir, c'est la nuit qui conduit au 5. Ma télévision chauffe depuis 2 heures du matin (ma compagne, exténuée, se couche) et les heures et les résultats s'égrènent. Je tiens bon. Tout monte. Vient alors le waouh libérateur (explosif) : 5 heures à la montre et la joie qui envahit tout. Obama triomphe. Il gagne. (Le monde peut respirer.) La Virginie succombe et voilà qu'Obama raffle la mise : moderne, jeune, ouvert, instruit, responsable et porteur d'une force. Tout craque d'un coup, voilà ce que le monde ressent. (Je pleure.) Un métis ! I have a dream a sa réponse : Yes, we can. La preuve !
La preuve, bon sang.
Jesse Jackson, pionnier en droits civiques, est en larmes. Et le monde entier, qui souffle. Une prise de conscience est là. Collective, émerveillée, profonde (changement d'époque [1] et de régime). Mieux qu'une idée, Obama est un fait [2]. Allez, un SMS à mon Américain préféré, Flemming, qui me répond aussitôt : Yay!! Hurrah. Il est 5 h 06.
Le XXIe siècle est là (Ben Laden le confiscateur mord, un moment, la poussière). Et avec le siècle réel, un vent moderne, une porte béante. Un espoir qui fonctionne. Mieux : une grande route qui se déroule et s'anime. Et le regard de tous qui déjà la parcourt.
On y est.
Ce changement émane du cœur, des tripes, du rêve et du sang des peuples. Et peut-être que c'est ça, l'humanité ?
Quelle joie. Et quel bonheur d'être ensemble. (Condamnés à être heureux, seule vraie finalité de la vie.)
Continuons avec Obama. Quel chantier ! Rapports de force. Défis historiques. Irak, Iran, Afghanistan, développement durable, relance de l'économie, relations (par conséquent) avec tous les autres partenaires, Sécurité sociale, instruction publique, tolérance religieuse, ethnique et sexuelle.
Ce 44e président porte un poids : celui des espérances. Celui du monde actuel, qui accouche en permanence.
Je lui souhaite de connaître ses Gleicher et Moscovici sur le bout des doigts. Car la vitesse va compter. La vitesse et les symboles. Les forces d'entraînement. La saisie sur le vif. Le bétonnage. Les poussées et les réalisations, les faits.
Quel boulot !
Tout le monde compte sur l'Europe. Et sur la Chine, en outre.
Moment-clé, où l'inertie est à son paroxysme (homéostasies à l'agonie, donc puissantes à l'excès, rassemblées en un système de maintien des acquis). Les pulsions d'évolution doivent donc aller vite – et rassurer step by step les pulsions de conservation -, ce qui est le point décisif des changements. Le mariage énergétique. Le cocktail dynamique : tout en détermination, tout en écoute. Comme à la guerre.
Jurez-moi que ce mandat va marcher...
Allez, ça fait du bien : God bless America.
Et que le monde prenne conscience de lui-même. Tout est là.
God bless Obama.
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[1] Une époque est une façon de vivre. Une idéologie fonctionnelle, en l'état cohérente, en l'état équilibrée (c'est évidemment provisoire). Il s'agit là d'un conformisme, d'abord enjoué, puis dubitatif et enfin crispé. Intolérant. Un socle d'idées et de perceptions, sur lequel s'entendent tacitement les gens. (Heureusement qu'il y a les Tricksters, les pragmatiques, les humanistes, les fortes têtes !) Cf. la théma sur les paradigmes.
[2] Autant la Libération s'est vécue dans la rue, autant le I have a dream - ici pour les Babyboomers - a pu se ressentir à la télé. De même que le premier pas de l'homme sur la lune. Ou, pour la génération X, la chute du mur de Berlin. Le Yes we can de 2008 prend lui aussi l'humanité en flagrant délit de réussite (la positive flash exposure du management par renforcements, essentiellement humaniste). Lors de ces grands moments collectifs, l'homme se voit en grand. En vrai. En possible. (Ça marque.)
[ Ce XXIe siècle devra construire l'ordre et les institutions - y compris mondiales - qui rythment une vie tolérante, pragmatique, libérale et de long terme, pour tous et pour chacun | il faut sortir de l'idéologie, du repli, de l'angélisme et de la vaine pâture, il faut troquer la façon de penser mécanique et linéaire (industrielle, abstraite, infantile) contre une vision, une réactivité systémique et impliquée (charnelle, vivante, concrète, assumée, responsable) - relire évidemment Gandhi, Martin Luther King, mais aussi Le Macroscope de Joël de Rosnay, Pour une politique de civilisation d'Edgar Morin ou encore l'excellent 80 hommes pour changer le monde de Sylvain Darnil et Mathieu Le Roux (le site, les carnets) | Obama a su rappeler les aspirations et les préoccupations universelles, il a touché une essence, il a su mettre en mouvement un espoir frustré, donc un chapelet d'actions possibles ] Read More
[ < théma Europe | catégorie Économie | archivage automatique du billet sur Jeffrey Madrick, l'homme qui explique si bien l'euphorie morbide du crédit outre-Atlantique | billet interactif, cliquez sur le bandeau de son titre ]
La Roumanie, pays depuis 4 ans européen - et dynamique comme la Pologne -, explique Zoom Europa sur Arte, en clair ce petit pays (très) vif connaîtra en 2009 quelque 5 % de croissance économique. Soit plus de 3 fois la moyenne de la zone euro. Raison à ça : la consommation domestique.
Les Roumains rattrapent leur retard, ils remplissent les caddies pour combler la frustration du rationnement passé. Mais une banque française, une grande, se refait une santé là-bas. Question crédit, les 6 ou 7 % qu'elle pratique en France deviennent en local... 20 %.
Et d'une, quelle classe ! (Facturer à Pierre ce que Paul trouve outrageux.) Et de deux, le crédit va surchauffer. (C'est évident.)
Côté banques, les promesses hexagonales, le petit doigt sur la couture, deviennent, sitôt passées les frontières, un sacré doigt sur la gâchette. Tristesse ici ? Haro ailleurs : bang-bang.
Eh oui, tout s'exporte. Même, et surtout, le concept de vente à des clients non-solvables.
La présidence française de l'Europe, pourtant force de proposition, devrait - parmi les Vingt-Sept - protéger les membres les plus récents.
Any reaction?
[ En Roumanie, un fonctionnaire touche 500 € par mois | la Roumanie fait partie de la francophonie | autre sujet, la bulle : elle se déplace sur les marchés à potentiel, en Afrique avec les fruits du sol et du sous-sol, et en Nouvelle Europe pour le crédit, y compris pourri (non-solvable) | effet nuage de sauterelles - Spéculer, c'est rafler une mise et partir vite avant la dégringolade, c'est investir un autre marché juste après et circuler comme ça de marché en marché (on dit que la bulle se déplace) | très loin de l'éthique protestante, tout ça... | je suis revenu en France et, comme à chaque fois, je regarde la télé : Zoom Europa est une excellente émission, mille fois au dessus de ces horribles journaux télévisés à l'étranger, centrés sur les chiens écrasés dans l'Hexagone et dans deux ou trois cantons suisses ]
Budapest à l'automne... L'ambiance y est calme et ici - comme d'habitude - les mouvements de l'âme sont plus profonds. De sorte que l'automne est davantage marqué qu'ailleurs. Plus terre à terre. Plus rentré en lui-même.
Difficile de penser au rayonnement, à l'extraversion, à la proposition : les stimulations se cherchent. Et je cherche.
(Obligé de rentrer en moi-même. De trouver mes propres appuis.)
Tout calmer. Trouver la densité fine, authentique, vraie. (Chut.)
Est-ce que John Coltrane me donne du lunaire, de l'introversion féconde ? Coltrane fait mieux : il m'affine, me synthétise, me met en place.
Il me concentre.
Allez, c'est dit : Coltrane est solaire.
Tellement délicat, tellement chaud.
Du bien (du vrai), voilà ce qu'il me fait.
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[ Acknowledgement | le XO Bistro fait une excellente cuisine italienne ou hongroise (par ex. : épicée-sucrée, mon péché mignon) ; les desserts (les français) sont par contre à éviter - mon conseil, un (très) bon plat à 7 ou 8 €, plus un vin rouge légèrement perlé (bouquet de type fruits à coque), c'est tout (et c'est chouette) | bon service, à midi comme le soir (les deux testés) | dîner avec (notamment) un conférencier-conseil, expert en neuroéconomie et en organisation de centres de profit médicaux | demain, symposium sur l'état de l'art en technologies médicales | sac de voyage - j'ai oublié le touchant La Croix et le Poignard du pasteur David Wilkerson (années 1950-1960), mais j'ai pensé à embarquer Les Présocratiques d'Abel Jeannière, ok | hier, rencontre d'Axelle qui travaille dans les RH, du peintre François Joly, et de Demian, capitaine de tankers et de supertankers | ah, testé aussi - en sous-sol - le New Brooklyn, très bien le week-end ]
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Provoquer et expérimenter des optimums
Selon le psychologue américain Martin Seligman, « il existerait des qualités personnelles, que l'on peut cultiver, qui favorisent la vie. Mihaly Csikszentmihalyi, professeur au Claremont College (Californie) est l'autre grande figure de la psychologie positive. Avec [...] l'expérience optimale [réalisation d'activités qui engagent l'envie et le talent personnels, nda], la vie passe à un autre niveau. L'aliénation fait place à l'engagement, l'enchantement remplace l'ennui ; le sentiment de résignation est chassé par le sentiment de contrôle. L'énergie psychique n'est pas orientée vers la poursuite de récompenses externes, mais elle est utilisée de façon à favoriser l'épanouissement de soi. »
Achille Weinberg, Sciences humaines - Les Nouvelles Psychologies (hors-série n°3)
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[ Que peut être un optimum ? Une émotion, physiologique ou plus cérébrale (relire Antonio Damasio), qui procure un bien-être authentique. Authentique : 1.a minima en prise avec les besoins de l'espèce (revoir les strokes), 2. encore et surtout capable d'amener l'apaisement (confort) ou la jouissance propre à chaque profil (6 patterns, par exemple en PCM), 3. au maximum capable de conduire le ressenti vers une plénitude différente des projections, de l'inquiétude, des conditionnements, comme quand l'essence est disponible, parfaitement dans l'eccéité, la conscience forte et apaisée, le présent intense et intuitif (ressenti alors comme éternel, véritable, libre des conditionnements ou des ruminations du passé [par ex., effet Zeigarnik] ou des anticipations partielles, pressantes - et forcément bridées - de ce qu'on appelle le futur) | l'authenticité c'est un naturel, un plein vécu de ce centre de la personnalité - inconscient - qui pulse et ressent quelles que soient les animations hydrauliques (systèmes faisant pression les uns sur les autres), combinatoires, synergétiques, telles qu'Animus et Anima, instinct de conservation et poussée d'évolution | le psychothérapeute Alexandro Jodorowsky donne une graduation aux satisfactions (qui s'acheminent - vous allez le voir - vers un bonheur authentique) : 1. satisfactions liées au moi corporel (instincts de survie, auxquels j'ajoute le repos, ce retrait dont parle Eric Berne), et/ou qui dépendent du moi émotionnel (besoin de reconnaissance, d'appartenance, de guidage parental, de sanction ou de cadrage), et/ou qui découlent du moi intellectuel (satisfactions Animus liées au contrôle des idées ou des opinions, à l'orgueil d'avoir des modèles fonctionnels, universalisants), et/ou qui touchent au moi sexuel (conquête, agressivité, séduction, procréation) - relire Cabaret mystique ; 2. celles qui résultent d'un vécu authentique de ces besoins, à l'aune d'une prise de conscience, d'une guérison, d'un moi-parmi-les-autres adulte et assumé (pragmatisme, pleine conscience, compréhension des choses essentielles, plaisir d'être autonome, joie du don gratuit, créativité, libre cours aux puissances de félicité, de naturel, etc.), 3. vient ensuite cette sensation d'éternel présent (Nirvana, ou Pardes, selon des traditions connues), de pleine habitation sur la terre (habitation calme et concernée, libre et concentrée), de plein investissement de la vie, avec cette distance et cette conscience que nous faisons partie d'un tout qui concourt à sa propre félicité, à son propre partage, à sa propre finalité : la vie | un œil attentif verra dans les besoins décrits plus hauts le découpage traditionnel des quatre éléments de la médecine et de la philosophie antiques : Terre, Eau, Air, Feu | un esprit plus contemporain retrouvera là certains des appuis neurologiques de l'Après-Guerre (cerveau et ses régimes reptilien, limbique et cortical, interactifs entre eux) | pour les thérapeutes issus de la mouvance Palo Alto, ce qui compte, c'est la résolution de problèmes : 95 % de la difficulté de (se) soulager provient du mal à dire où est le problème en termes concrets (relire le très terre-à-terre Milton Erickson) ; exit la notion de psychologie positive (qui recherche les invariants du bien-être en général), tout est affaire de cas précis, de situations du quotidien, de choses à résoudre ]
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Muslimgauze est un artiste à part. Ce type, Anglais d'origine, est mort très tôt, à 38 ans (1999). Gaze-Mousseline (muslingauze), terme textile pour des tissus d'Orient, s'est fait muslim dans son nom d'artiste autant que dans sa conversion personnelle. Fort discret, Bryn Jones était un inconditionnel de l'islam, de l'Orient, des sonorités du Levant, saisies sur le vif (flûtes, oud, voix, percussions). Il aimait les Arabes par dessus tout. Il aimait leur mode de vie, leur quotidien, leur condition. Une sorte de Lawrence d'Arabie musical, auteur de véritables carnets de route sonores (plus de 100 albums de son vivant). Mélange infatigable d'ethnographie improvisée et de musique d'avant-garde. Électronique. Subjective (comme sait l'être cette musique). Avec des assises intemporelles et des parcelles du monde contemporain (extraits radio, TV, etc.). Originalité. Dès les années 1980, et ce jusqu'à sa mort (infection parasitaire). Rimbaud brisé...
Son amour pour les Arabes et son romantisme authentique, naïf, lui ont fait faire des choses superbes. De longues plages riches. Climatiques. (Quasi cinématographiques.) Et des morceaux percussifs entêtants. Hypnotiques.
Mais les productions manquent parfois de moyens, d'unité. Le son ? Trop souvent bon-marché. Il y a aussi ce ver qui mange la datte, ce son aigre et acide, ces saturations qui trahissent l'inquiétude. (Le trouble ou la passion.) À la rondeur, l'artiste préfère souvent l'introduction de sons âpres. Il casse et concasse. Il fabrique - avec brio ou obsession dérangeante - le son de la musique illbient (mélange d'ambient et de sonorités névrotiques, épaisses, inattendues). Un grand. Certainement...
Côté personnel, sa passion pour la cause arabe, son indignation, son tempérament sensible et entier lui ont fait aimer les points de vue radicaux. L'intolérance. Les appels à la violence. (Indéfendables.)
Homme écorché...
Muslimgauze est un pionnier. Sa musique, pourtant inégale (mais inspiratrice), surpasse ses prises de position fixes.
De beaucoup.
[ Tolérance - La fondation Coexist permet de créer des liens entre les trois civilisations monothéistes ; elle appelle au bon sens et à la fraternité | la belle initiative de l'ONG Breaking the ice | Ah, le West-Eastern Divan Orchestra ! | Muslimgauze, le découvrir par les torrents (puis effacer, ou alors acheter) | c'est le musicien Pierre Bureau qui m'a fait découvrir l'illbient il y a une dizaine d'années (et notamment Spectre) | quelques sons illbient, en streaming | les conversions islamique et protestante évangélique sont les plus rapides du monothéisme : dans un cas comme dans l'autre, une simple prière ou profession de foi, si elle est sincère, suffit (islam : Il n'y a de Dieu qu'Allah et Muhammad est son prophète (3 secondes) ; protestantisme évangélique : Dieu, je reconnais mes errements devant Toi, je déclare croire au salut par Jésus mort et ressuscité pour moi et L'invite à venir maintenant dans mon cœur et dans ma vie (8 secondes) ]
Tout ça, c'est comme jouer, estime l'experte en mathématique financière Nicole El Karoui, présente aux Matins, ce jour-même sur France culture. Le problème avec l'activité économique, c'est qu'elle génère de l'argent. Et cet argent, quand on le touche, on a envie de faire comme dans un casino : le jouer. Il brûle les doigts. Le jouer ? Pour en obtenir plus. L'argent s'auto-génère. (C'est l'idée.) Argent augmenté de lui-même. Ou diminué, comme en ce moment.
Le marché de l'argent, tout le monde le sait, obéit aux mêmes lois que les marchés de l'économie classique. Mais il y a comme une membrane entre virtualité et réalité. L'économie de tous les jours concerne un objet physique - améliorateur du quotidien ou porteur de rêve - ou un service perceptible, dont on peut jouir. Exemples : textile, voiture d'occasion, heures de ménage, ingénierie informatique, etc. Liste infinie.
Et plus on demande une chose, plus cette chose devient désirable : son prix augmente. Les demandeurs, jusqu'à un certain point, acceptent de donner plus pour poser la main dessus. Et ceux qui offrent sont heureux : maintenir leur niveau de production (quand ils le décident, comme les producteurs de pétrole), ça maintient la rareté du bien. Ils font la moue, décidant de céder aux plus offrants. Avec un rapport de force favorable, ils augmentent leurs revenus.
Voilà, basiquement, comment les acteurs économiques s'y prennent pour augmenter mécaniquement les prix. En économie classique, on l'a vu. En économie financière c'est surtout la demande qui nourrit la vague de désir. En outre, l'argent [1] est plus volatil que les biens et services. Il s'en détache et prend une grande autonomie. Les transactions, il est vrai, sont fluides : un ordinateur de part et d'autre, une connexion, un arbitre plus ou moins vigilant, le tour est joué. Le système est comme ça. Il incarne un ordre social, symbolique et factuel, que tout entretient.
De sorte que l'échange a lieu. Façon live. De l'argent contre de l'argent : on mise sur la valeur présumée d'un paquet d'argent. (On mise avec... de l'argent.) Lui-même moyen et fin, il permet de juger (d'apprécier) et aussi de rentrer dans le circuit. De le grossir. De le rendre finalement consanguin. L'argent ? Moyen et fin d'un système vivant, où tout se contamine, en petit comité (opérateurs pointus).
Une mare, avec sa propre météo.
Résultat ? Des bulles. Celles du champagne quand le système croît en logique interne (il enfle). Il est plus vif que le marché traditionnel, dont il est l'excroissance et avec lequel il conserve seulement des points d'ancrage. On l'a vu. Tout monte et tout gonfle, généralement vite. Et tout a une fin : la bulle (symbole de fragilité, de paroxysme) explose. Les valeurs liées ? Elles décrochent. Un principe de réalité saisit les fêtards : les valeurs sont trop fortes ; elles sont virtuelles. Complètement en dehors des services rendus (facturés et payés) de l'économie classique, utilitariste, quotidienne.
Une gueule de bois débute.
Comme on commence à vendre, on continue à vendre. La valeur, fruit d'une demande qui touche à sa limite et d'une offre qui se met tout à coup à brader - pour encaisser l'argent et se retirer avant de mourir -, eh bien cette valeur baisse. Puis elle dévisse quand le vent de panique touche le gros des opérateurs de cette petite flaque systémique, où tout est lié (rumeurs, amplifications, passions humaines).
La bulle fait mal.
Je me souviens de celle de 2001. Des supports de presse écrite me commandaient des panoramas, des articles ciblés. Le marché financier (alors fort loin du marché réel, de celui des utilités-terrain, des factures encaissées en vrai, des fidélisations-client), ce marché grossissait, fort de lui-même.
Un ou deux avertis - pris de vertige [2] - s'en sont alors retirés, entraînant une panique (Waw, tu as vu ? Telle référence encaisse et s'en va : ça augure quoi ?). Les start-ups de l'époque sont devenues des start-downs : les fleurons de l'économie numérique ont vécu un réel décapage à l'acide. Résultat ? Les financements. Ceux qui injectent de l'argent dans le capital des entreprises ont pris peur (Et si ça s'écroule après ?). Les entreprises ont dû se développer sans cash. Ou mourir. Re-descente sur terre, peut-être. Tri par le vide, c'est sûr. Ralentissement économique et coup de frein, c'est certain.
C'est en ça que les financeurs font du mal ou du bien. C'est-à-dire majoritairement les banques.
Alors imaginez quand la crise vient d'eux...
L'Amérique, coutumière du Emprunter plus pour consommer plus, a usé et resucé le concept. Le banquier parie sur la solvabilité de son client. Il spécule, misant sur l'augmentation des capacités de sa cible. Or la cible - mal préparée à la compétition mondiale (cf. ouvriers, petits employés) - peine à joindre les deux bouts, elle décroche. Le banquier, déconcerté, mange son chapeau. Dès qu'un client vient le voir, il se méfie à outrance : les entreprises peuvent se rhabiller. Les acheteurs de logements aussi. Les opérateurs économiques investissent mal ou peu, perdent en compétitivité, en perspectives, en croissance - et dégraissent les postes et la masse salariale. De leur côté, les propriétaires de logements ont du mal à acheter autre chose, faute de prêts, ils doivent en plus baisser les prix du bien, pour coller à la crise. Et vendre.
Tout baisse.
Pour saisir ce que les groupes ont de systémique et de contaminant, mettre à profit la théorie des jeux. Les tendances groupales nous sauveront (écologie, synergies, benchmarking, tolérance et pragmatisme). Ou nous tueront (égoïsme effréné, soif de sécurité, obligation de moyens, mauvais arbitrages, idéologie, angoisse de tout et de son contraire).
Ce siècle-ci, et bien plus que dans l'économie, doit affronter ça. Se concerter ou mourir.
Je veux ici dire que les spéculateurs, quoique proches de l'économie classique (ils la suivent, l'anticipent et - malheureusement - l'influencent), sont aussi étrangers à l'économie réelle que le sont entre eux aéronautique et ikebana.
Certes l'État a-t-il un rôle : régulation, justice sociale, facilitation du libéralisme (cet accès autonome, et éclairé, à la connaissance, aux soins, à l'expression culturelle, politique et religieuse, au travail).
L'individu, lui aussi, a son mot à dire.
Le consommateur est roi [3] : choisir de donner son argent à des opérateurs minables, c'est dommage. Le placer, ou consommer, chez des gens responsables (producteurs bio, fonds de pension éthiques, PME locales, campus intégratifs, agents de développement des pays du Sud, opérateurs en R&D), ça c'est de notre ressort.
Tout est possible.
C'est ça la finalité du truc : faire du bien aux hommes. Générer de l'argent (et même beaucoup) pour ça. Pour sa communauté. Pour innover. Pour tirer les accidentés du bourbier. Pour jouir du temps terrestre avec les siens.
Pourtant optimiste (et confiant), je finis avec un trait de bile. Plus que ces quelques incompétents qui partent avec un golden parachute indécent, j'ai l'œil noir pour les spéculateurs qui, voyant le marché désenfler, se sont mis à jouer avec... les marchés du sol. L'Afrique a subi ce cynique déplacement, directement sur ses productions vitales (matières premières, denrées vivrières). Le coton, déjà mis à mal par les subventions américaines. Le cacao. Les productions agricoles, le marché des métaux. Tout ça a enflé comme une grenouille, privant les locaux des fruits de leur propre travail.
Tout est devenu cher pour eux.
La spéculation sur les médicaments (sorte d'actuariat sur les niches de malades à venir), ça, ça me crispe aussi. Le vol des molécules traditionnelles, patrimoine de beaucoup de peuples. Le saccage de la connaissance...
L'économie, la vraie, c'est heureusement tout autre chose.
Ce qui est triste c'est que la spéculation l'influence.
Gardons la foi.
(Et consommons responsables.)
Mieux : investissons dans ce qui le mérite.
Après tout, l'argent, c'est ce qu'on en fait.
Be seeing you.
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[1] Ce côté vif et frondeur, quasi insolent, l'argent le porte en lui depuis les origines. Les pièces de métal résistent au temps (les quartiers de bœuf, beaucoup moins), il est plus léger que les biens qu'il désigne, de surcroît quand les billets viennent symboliser des tas de pièces métalliques. Il passe facilement de mains en mains, il peut même donner la fièvre. Accumulation, spéculation (paris fumeux, déconnexion des appuis matériels, ouverture aux passions humaines). Quand viennent les transactions électroniques (cartes bancaires, virements par fax, via le Net ou le mobile ou la salle de marché), l'argent se fait concept. Il devient potentiel. Il perd tout, ou presque, de son substrat de symbole d'un truc réel. Il s'évapore et brûle les mains. Comme un vif-argent, ce métal fluide, mystérieux (connecté à l'intimité cachée) et capricieux que préside le dieu Mercure. L'Hermès farceur, autonome et rapide. Qui fait son passe-passe et joue des tours.
[2] Un simple ratio (c'est du bon sens) devrait permettre de savoir où un marché donné - quel qu'il soit - en est de sa bulle. Une fois visualisée la concentration, la densité et la dépendance des parties-prenantes sur une surface donnée, en clair le degré d'interdépendance (hypercomplexité) entre les opérateurs, il faut ramener la valeur financière constatée sur la valeur économique et stratégique des entreprises, seuls vrais indicateurs en somme (cf. les marges commerciales, le taux d'endettement, l'indépendance par rapport aux fournisseurs ou à la donne technologique). En clair : valeur spéculative / valeur réelle.
[ Mamon est la personnification de l'appétit des choses, de la possession matérielle (Matthieu 6:24) | j'ajoute que Mercure, patron des échanges, campe la vivacité qui soit innove et change une donne (un paradigme), soit blouse les parties-prenantes | revoir l'ambivalence du Trickster | j'entends, dans le débat sur le Grenelle de l'environnement, que pour 1 euro réel, 30 euros virtuels s'échangeraient | Là où les guerres ou l'écologie laissent pantois, la crise va-t-elle souder (et faire grandir) l'Europe ? Quid de la discrète et pragmatique Chine ? | avec ses déboires en Afghanistan et en Irak, avec la montée des pays émergents et cette crise, l'Amérique ressemble à un empire sur le déclin | cette crise du capitalisme ressemble à à d'autres crises, consubstantielles au modèle, mais en plus grand car les places de marché et les relations interbancaires sont historiquement à leur plus haut degré de connectivité (force... et vulnérabilité, on le voit) | Cette crise ressemble à une crise de la valeur ajoutée : quel gain réel la spéculation apporte-t-elle ? Sur quoi la valeur se fonde-t-elle ? Si c'est sur la prévision continuelle du volume des transactions, ça connaît une limite ; si c'est sur un échange de bons procédés (création de commodité), ça fait davantage sens | le capitalisme s'en remettra (pour le meilleur ou pour le pire selon le point de vue), une fois la purge terminée - mais les changements (interconnexion oblige) pourraient être sociaux, spirituels ou politiques (paradigmatiques) ; à suivre | c'est peut-être dans les pays du Sud que les changements seront le plus perceptibles, à voir | relire Edgar Morin et sa fine analyse du monde actuel, dans Une politique de civilisation (1997, entretien) ]
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Tout un courant. Prometteur : en croissance, depuis sûrement une quinzaine d'années. Je veux parler de la psychologie positive. Son objet ? Envisager l'individu comme une machine (un système) à aller bien. Par opposition à l'angle classique, psychopathologique, qui prend le genre humain (et l'étudie) par ses troubles. Ce qui ressemble à la charrue qui grille une politesse aux bœufs.
Chez l'homme, la téléologie (caractérisation des finalités de la vie, de la direction des efforts), en clair la téléologie s'oriente d'elle-même à la hausse : tout pousse l'individu à aller bien. Comme un programme en lui, fondé sur des constantes (les invariants). C'est donc légitime que la psychologie positive cherche à identifier les ressorts positifs. Et les questionne.
Commençons. Et parlons du psychisme versant sombre. On le sait, les bénéfices secondaires sont des installations intermédiaires (parfois durables), où le psychisme tire un suc, profite d'un relatif état de confort. Comme le dit la théorie des jeux, les gains sont optimaux - et c'est agréable - sitôt qu'ils excèdent les efforts demandés (engagés). L'intériorité, et sa formidable économie, peuvent alors « planter les sardines ». S'installer. S'endormir. Et souffrir, quand l'opportunité de rester comme ça se termine - car tout passe. Focalisé sur son acquis, le psychisme peut négliger, auto-censurer, voire nier le désir, cette saine poussée vers la procréation, l'inventivité, l'ethos authentique, la félicité. Ici, l'homéostasie pèse, étouffe et fabrique un ressenti morbide. La transformation, régime intrinsèque de la vie, patine et s'arrête.
Blam.
La téléologie envisage certes cette force (ambiguë) qui trouve les meilleurs compromis, les meilleurs rapports qualité/prix. Car coûteuse est la vie. Et limitée dans le temps.
Bien sûr.
Pour autant, la téléologie fait des visées de long terme, qui transcendent les états de satisfaction intermédiaires. Elle se projette dans une réalisation du potentiel humain. Sur le terme, et au quotidien (eccéité, intensité, joie d'être soi-même, plaisir du vivre-ensemble, disponibilité, profit de ce qui se présente). Tout ça en simultané. Tout ça dans une profondeur du ressenti qui confine à l'éternel présent. (À l'éternité.)
Au bonheur.
Fig 1. - L'homme, une architecture vivante ?
Tout ça pour quoi ? Pour dire que la psychologie positive s'approprie un champ longtemps réservé à la philosophie, à la mystique, aux institutions symboliques et idéologiques (sociales, religieuses, politiques).
Ce champ ? Celui de l'épanouissement. Vaste et profond. Mobile. Paradigmatique au possible (perméable à l'idéologie). Et pourtant vierge et natif : universel. Anthropologique. Au cœur énergétique de l'homme. Certes l'homme est-il singulier. Certes la feuille du chêne - quoiqu'unique - ressemble aux autres feuilles de l'arbre.
Ouais.
Psychologie positive ? Une affaire à suivre...
(Mmh.) Des idées ?
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[ L'excellente contribution de Jean Heutte | la psychologie positive s'intéresse à l'individu qui va bien et - par l'investigation - (re)découvre les vertus qui favorisent un bien-être durable | la téléologie (fait humain, élan vital, aménagement psychique en continu) mêle sûrement les forces d'homéostasie et d'entropie tout autant, sinon plus étroitement, que les pulsions de vie (état d'alerte, voire de conquête et d'épanchement) et les pulsions de mort (relâchement) | pour savoir ce qui va mal, il est intéressant de se demander ce qu'aller bien veut dire (aller bien, par exemple en PCM, c'est obtenir des sensations ciblées) ou, plus prosaïquement, quels sont les besoins humains et comment ils se mélangent (allant à l'infini) dans chaque individu ; de la même manière qu'il y a des milliers de façons pour les mêmes sortes d'atomes de former des combinaisons, réactives et mobiles (complexes) | la psychologie positive ressemble à une anthropologie, elle-même proche de la recherche des besoins (qui définissent une nature) | curieux matérialisme, qui considère l'homme comme une combinaison d'atomes, plus ou moins animés d'un principe de complexification (grotesque, si on en croit Stephen J. Gould et sa mise en valeur des bactéries, stationnaires à l'extrême) - l'homme peut tout autant se vivre comme une flamme, comme une intentionnalité, une Gestalt sensible et poétique (capable de faire des symboles, d'expérimenter des ressentis), une perception en mouvement, une recherche de transcendance, une envie de synthèse totalisante, etc. | trouver un référentiel de ce qui va bien, c'est sortir du regard réducteur (sociocentré) avec lequel on examine ce qui va mal - c'est, encore et surtout, une façon d'utiliser le cerveau dans son plein potentiel, cerveau qui fonctionne avec des affirmations, des choses positives, dites et désignées (et non leur contradiction, leur symétrique, cette apophasie à la petite semaine) | le représentant le plus connu de la psychologie positive est Martin E.P. Seligman, suivi de Mihaly Csikszentmihalyi ; il y a aussi - selon moi - les grands thérapeutes humanistes (optimistes pragmatiques) tels qu'Abraham Maslow, Milton Erickson, Alexandro Jodorowsky, Georges Romey, etc. | Seligman, histoire d'un déclic | le Positive Psychology Center | mmh, les belles photos d'/ivan | Tiens, que pensez-vous de l'écopsychologie ? ]