Chat ! Point de clavardage ici, mais bel et bien le petit animal à fourrure. Ou plutôt sa version populaire, sous forme de jeu. Tout le monde connaît ça : je te touche, tu deviens le chat et tu touches à ton tour. Comme une chaîne, comme un fardeau qui se transmet : le mauvais rôle circule. Pourquoi mauvais ? Parce que le chat fait fuir, il repose sur l'idée de bouc émissaire. Pour preuve : personne ne veut se faire toucher. Il y a dans cet héritage du chat l'idée de faire bloc. Tous les autres sont d'accord avec l'idée que le contact du chat est déplaisant (dans le jardin d'enfants près de chez moi, les gamins hurlent, heureux mais peureux, au contact du chat). Tout le monde, y compris dans la fuite, fait l'unanimité contre le chat, ce qui socialise le groupe.
Et si l'on passe une vitesse, outre celui d'Yves Enrègle, c'est le travail de l'anthropologue René Girard (né en 1923) que l'on entrevoit. Les cours d'éthique sont prétexte à parler de la norme, de l'homéostasie et autres phénomènes groupaux (voir ici). A la lumière de Girard et de son éloquent travail sur la nécessité de sacrifier un individu pour préserver la concorde du groupe (régulation des tensions, etc.), je remercie les marmots joueurs du jardin, qui me donnent l'occasion de rappeler ici combien Girard m'est cher.
Tout comme le petit animal à fourrure...
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